31/05/2006

Mon histoire

Enfin mon histoire.
Installez-vous confortablement, parce que c'est looooong, mais je vais tenter de ne pas me perdre en bla bla et de dire les grandes lignes :)


12 ans
Première rencontre avec les TCA, à mon insu. Je suis émétophobe durant l'été de mes 12 ans, toujours prise par la peur de vomir ou de trop manger et d'être malade. J'ai la nausée, un mal de tête lancinant, la peau qui colle trop pendant 3 mois. Je passe de 105 lbs à 80 lbs en peu de temps, incapable de m'alimenter convenablement. Je n'ai pas peur de grossir, mais j'ai perdu tout appétit et je limite ce que je mange pour pouvoir faim au prochain repas. À la rentrée scolaire, tout le monde s'inquiète, 
je suis maigre. On demande à ma mère si je suis anorexique. Dans ma tête à cette période, les anorexiques n'étaient que des filles qui se privent de manger pour devenir maigre. Ce sont des filles capricieuses, obsédées par leur petit nombril et superficielles. Je recommencerai à manger aussi soudainement que j'ai arrêté et je reprendrai tout le poids perdu.


15 ans
Je pèse 120 lbs, je suis jolie, j'ai un chum. Tout va bien, j'ai retrouvé ma féminité, j'aime mes formes. Je fais beaucoup de sports (soccer, danse, athlétisme, flag-football), je suis impliquée dans plein d'activités. Puis un jour, j'ai peur de devenir enceinte. Au lieu de faire des tests ou d'en parler avec mes parents, je garde tout pour moi et je me rends malade. Je mets un plan infaillible au point : manger moins et ainsi priver le "bébé", et faire plein de sports, pour perdre le "bébé". C'était con et dangereux comme plan, mais dans ma tête, c'était la seule solution qui se présentait à moi. Je réduis donc de beaucoup ce que je mange et m'implique à fond dans tous les sports que je pratique. Je me mets à être toujours en mouvement, je ne m'asseois plus 2 minutes. Je perds rapidement du poids dès les premiers mois. En 1 mois, je perds 15 lbs. Tout le monde me félicite, je suis encore plus jolie, j'ai un beau corps. Mon chum regarde quand même les autres filles... ça me met en colère. Je deviens obsédée par mon corps, la nourriture. Je prends conscience des calories. Je me donne des coups dans le ventre plusieurs fois par jour pour écraser la "bosse" qui m'agace. Je n'ai plus mes menstruations. Je m'inquiète encore plus d'être enceinte, même si j'ai perdu du poids. Je perds le contrôle, Ana me tend la main.

Durant tout l'été, je survivrai en mangeant très peu, en faisant plus de 4h de sport par jour. Ce rythme infernal me rattrape assez vite, mon corps n'en peux plus. Je ne comprends pas pourquoi j'ai moins d'énergie lorsque je joue au soccer, mes capacités sont à zéro. Je lutte contre le vent en vélo, je n'ai plus de résistance et ça me frustre. Je vais en tournoi de soccer et je ne mange qu'un biscuit par jour, et encore, c'est trop à mon avis. Je ne comprends plus rien, je suis agressive, triste, je n'ai plus envie que mon chum me touche. Je déteste mon corps, je ne vois pas les os qui commencent à pointer, je ne pense qu'au "bébé" qui n'existe pas.

Je finis par craquer et en parler avec mes parents. Mais le mal est fait, Ana m'a pris sous sa tutelle et continue de me guider. Je ne peux me résoudre de manger plus, de cesser toutes mes activités. Je veux maigrir, c'est si facile. Je garde des enfants et je passe des heures à regarder les calories sur les emballages, à sautiller dans le salon, mon baladeur sur les oreilles. Je commence à mesurer mes cuisses, ma taille, ma poitrine. Je veux le corps parfait, comme les stars. Je veux que mon chum me remarque, me trouve belle, sexy. Je ne me rends pas compte que j'ai dépassé le stade de mince et que je suis maintenant maigre. Je ne me pèse pas, mais je flotte dans tous mes vêtements.

En septembre, je ne pèse que 80 lbs. Je suis maigre, squelettique, les jeunes me regardent d'un drôle d'air. Mes amis s'éloignent de moi, les profs s'inquiètent. Mes parents ne cessent de me dire de manger, je veux pas. Je les fais manger, leur prépare des plats riches et pique une crise s'ils refusent de manger. Je suis forte, je suis propre; vous êtes nuls et faibles. Finalement, ma prof de français me propose de voir un médecin à Ste-Justine. Je ne peux refuser, j'en ai marre de me trainer, de refaire tous les jours la même chose pour être sûre de brûler le même nombre de calories que la veille. Je me couche le soir, complètement crevée, avec la bonne pensée que demain, je recommence à manger, mais je ne fais jamais le grand saut. Je me réveille la nuit, en sueur, mon coeur n'en peux plus, j'ai un rythme de 40. J'en suis fière, ça veut dire que je suis vraiment malade, mal en point. Je regarde avec amour les creux sur mes bras, mes clavicules, je passe ma main sur mes côtes, sur mon tous mes os. Je ne veux pas quitter ce corps, je l'aime, j'ai travaillé tellement fort pour l'obtenir.

Diagnostic à l'hôpital : Anorexie nerveuse. Je déteste le médecin, Dr. Wilkins. Il me laisse 2 semaines pour reprendre du poids, sinon, c'est l'hospitalisation. Je l'emmerde, je ne veux écouter personne. Je continue de courir en cachette, de monter 20 fois les escaliers, de trouver des moyens pour moins manger. Je ne sais pas si je fais tout ça dans le but d'être hospitalisée, mais je vis comme dans un rêve, dans un nuage. Deux semaines plus tard, j'ai perdu 5 lbs, j'ai un IMC de 14. Direction 7e étage, aile des TCA.

J'y passe 2 mois et reprends 20 lbs. J'accepte mon corps, mais manger est toujours aussi compliqué. Je ne veux pas prendre plus, mais je comprends que je dois manger un minimum pour survivre. Je prends 10 lbs la semaine suivant ma sortie. Je panique. Je vais continuer de grossir indéfiniment, je ne veux pas. Je stoppe tous mes efforts et me remets à couper partout... je reperds tout ce que j'ai pris en moins de 3 mois.

16 ans à 20 ans
Je maintiendrai un poids plume de 78 lbs pendant tout ce temps. Je reprends mes cours de danse et compte méticuleusement mes calories pour ne pas prendre de poids. Je mange le strict nécessaire pour me maintenir et ainsi éviter l'hospitalisation. Je mange tous les jours la même chose ou presque et j'évite beaucoup de sorties pour pouvoir prendre ma collation chez nous. Mon chum me quitte après 1 an, incapable de vivre avec une fille pour qui tout tourne autour de la bouffe et qui refuse tout contact physique. Je me retrouve seule, mais je ne suis pas aussi triste que je l'aurais cru. J'ai pleuré bien sûr, c'était une relation de 3 ans, mais ça a été un soulagement. Je suis bien, je fais ce que je veux. Je ne veux qu'être moi et Ana. Ensemble, tout va bien.

J'entre au cégep et me trouve ma première job. Je travaille au McDo. Je regarde, effarée, les frites, le gras, le nb de calories contenus dans un Big Mac. Je trouve un côté positif : je saute des repas car je travaille souvent sur l'heure du souper ou du diner. Je suis seule au cégep, je mange seule dans mon coin mon diner congelé de 250 calories pas plus, avec ma tranche de pain réchauffée et mon Coke diet. Diner me prend 1 heure ou presque. Entre mes cours, j'erre dans les rues de Longueuil pendant des heures, à pied ou en roller. Je suis solitaire, je fais peur aux autres. Je me traine jusqu'au IGA et Pharmaprix à 2 minutes du cégep et passe des heures à regarder les produits... et quelques fois en voler. Je ne suis pas normale, je sais que les gens me dévisagent, que je fais peur avec mes joues creuses, mon profil de feuille de papier, mes bras décharnés. Mais je me sens bien, mes signes vitaux sont bons et je mange. Mais jamais plus de 1800 calories. Et le resto me fait paniquer.

Je finis par consulter une naturopathe après 2 ans d'anorexie. Je suis sur un plateau, je ne sais plus quoi faire de ma vie. Je rends la vie difficile à tout ceux qui m'aiment, je m'habille du côté des enfants et je passe des heures à penser à la nourriture. Les crises commencent à faire leur apparition aussi. Une fois par semaine, je fais une orgie de chocolat. Je mange jusqu'à ce que l'estomac m'explose. Mon corps n'est pas habitué à recevoir autant de nourriture en si peu de temps et se révolte. J'ai mal au coeur, l'estomac barbouillé pour 2 jours, je me sens encore plus coupable, car je me sens faible de criser comme ça. Je consulte pendant 3 ans et je découvre beaucoup de choses sur moi. Je travaille fort à changer mes perceptions, à prendre la vie et les obstacles différemment.

Puis un voyage de ski de fond avec le cégep me sert de déclic. Je ne veux pas passer 3 jours avec des gens que je ne connais pas et je ne veux pas être mise à part à cause de mon alimentation bizarre. Je décide d'être "normale" pour 3 jours. Je crise durant la nuit avant mon départ, très anxieuse. Comme je bouge beaucoup (8h de ski par jour), je me permets de manger ce que je veux, car je me dis que tout est dépensé par l'activité physique. Les crises nocturnes font leur apparition. Durant mon séjour à l'auberge, je me lève durant la nuit et vais grignoter des barres tendres, des restants de dessert... Je cache de la nourriture dans mon sac pour ne pas avoir à me lever et pouvoir manger tranquille dans la chambre, que je partage avec deux autres filles. J'ai peur de prendre du poids durant ce séjour, mais l'envie de me tenir avec les autres et de manger en groupe est plus fort. Je reviens fatiguée mais satisfaite de ce voyage. Personne n'a fait allusion à mon anorexie, je n'ai rien pris, mais les crises se feront de plus en plus présentes. Le soir de mon retour, je m'empiffre de muffins, de chocolat, tout ce qui peut me tomber sous la main. J'ai envie de guérir tout de suite, prendre du poids, être normale le plus vite possible. Je me mets à manger pour 4, jour et nuit, je mange sans arrêt. Je grossis vite. Les premiers kilos sont durs à accepter, mes jeans taille 24 ne me font plus et je panique. Mais je ne peux me priver comme avant. Je ne suis plus anorexique. Je suis hyperphage.


20 ans à 21 ans
Je suis passée d'une TCA à l'autre sans même m'en rendre compte. Au début, je croyais que je mangeais tout simplement beaucoup pour reprendre du poids, mais je me suis vite rendue compte que mon alimentation n'était pas plus normale que lorsque je ne mangeais rien. J'avais toujours besoin d'avoir quelque chose dans la bouche, j'attendais avec impatience les heures de repas, me trouvait n'importe quelle excuse pour aller au dépanneur et revenir avec un cornet de crème glacée ou des bonbons. Je ne pouvais plus résister à la bouffe. Je me levais 3-4 fois par nuit pour aller manger. Des fois, c'était simple, la bouffe était cachée dans ma chambre. D'autres fois, je devais affronter mes parents et me glisser à leur insu dans la cuisine. J'ai pris aussi la mauvaise habitude de mâcher et recracher la nourriture. Je ne savais comment résister aux crises, alors je machais/recrachais systématiquement tout ce que je voulais, et ainsi, je me sauvais des calories. Mais l'envie de me remplir l'estomac devenait juste de plus en plus violente, alors j'ai vite laissé tomber cette pratique. J'allais fouiller aussi des fois dans ma poubelle de chambre pour voir s'il restait quelque chose à grignoter lorsque j'étais vraiment désespérée. Je ne me suis jamais autant détesté qu'à cette période. Pas physiquement, mais je me dégoutais. J'étais devenue lâche, vache, gourmande, sans volonté. Je suis passée en 1 an de 75 lbs à 140 lbs. Je crisais tous les jours et ne me faisait jamais vomir ou ne compensait pas par le sport. J'ai essayé au début de brûler par le sport, mais mes apports caloriques étaient tout simplement trop hauts : 4000 et plus chaque jour.

Pas la peine de dire que je ne m'aimais pas. Je me voyais épaissir, je jeunais pratiquement toute la journée pour tenter de me rattraper et compenser les excès, mais chaque journée se terminait en crise. Je m'endormais dans la nourriture, le lit rempli de miettes de pain, de bagel, de biscuits, la bouche barbouillée de chocolat et les draps couverts de papier d'amballage. Je me levais le lendemain avec un mal de coeur, un mal de tête et un lourd sentiment de honte.

Lorsque j'ai rencontré mon chum actuel, j'étais en plein dans ma période de crises. Heureusement, il a su diminuer l'ardeur des crises, car je n'osais pas m'empiffrer devant lui. J'essayais de me raisonner, de ne pas me lever la nuit. J'ai réussi les premiers temps, mais aussitôt que je suis devenue plus à l'aise avec lui et qu'il était plus au courant de ma maladie, le cycle infernal a recommencé. Et hop, jusqu'à 170 lbs. J'en avais marre de toute cette merde. J'étais passée de maigre à grosse en 1 an. Je me trouvais laide sur les photos, je ne me reconnaissais plus.

En janvier 2005, je reconsultais ma naturopathe, les nerfs à vif, les larmes aux yeux et des dizaines de kilos de plus sur les hanches. Je me sentais mal, j'avais l'impression que tout ça n'aurait jamais de fin. Suite à une grosse grippe et 5 lbs de perdus (à cause de la grippe), j'ai décidé de me prendre en main. Stop aux crises et aux kilos qui n'arrêtent pas de s'additionner. J'allais reprendre une alimentation équilibrée, arrêter de me lever la nuit et m'entrainer très dur au gym. Je faisais 1 h de cardio par jour et me tenais à un régime de 1500 calories par jour environ. De temps en temps, je me payais une petite orgie alimentaire. Je résistais aux crises en n'achetant que le strict nécessaire et en me jetant sur des trucs hypocaloriques, donc moins dommageables. En 2 semaines, je perdis 5 lbs. Encouragée, j'étais encore plus motivée à suivre mes bonnes résolutions. Je pris rendez-vous aussi avec mon médecin, qui s'aperçut que j'avais un trouble avec la glande thyroïde, ce qui pouvait empêcher la perte de poids et causait de la rétention d'eau. Une fois que les médicaments firent effet, je perdis beaucoup plus rapidement.
En mars, je faisais 150 lbs. En juin, plus que 130 lbs. À la fin de l'été 2005, je faisais un joli 125 lbs et je me sentais tellement mieux dans ma peau. Je pouvais mettre un bikini, me promener en jupe courte sans avoir honte de mes jambes. Et le pire dans tout ça, c'est que je ne crisais plus, je mangeais ce qui me faisait envie, tant que ça ne dépassait pas 2000 calories par jour. Je continuais de m'entrainer pour garder la forme.

Je me sentais guérie pour vrai. J'ai même réussi à aller en vacances sans criser ou me prendre la tête avec la bouffe. J'étais très fière d'avoir bien perdu du poids, sans avoir retombé dans l'anorexie.


Maintenant
Je sais maintenant que je ne suis pas guérie, que je ne le serais jamais car je garde un contrôle sur la nourriture et mon poids, mais qu'est-ce que ça fait du bien d'être sortie de ce trou noir qui me gobait énergie et santé. Je me sens plus heureuse, plus zen, j'aime mon reflet dans le miroir, je prends soin de moi et aime m'habiller. Je continue mon entrainement quotidien, ça me calme beaucoup et permet d'évacuer les frustrations de la journée qui peuvent me faire criser. Je compte encore mes calories, c'est la seule chose qui contraint mon alimentation. Je crise un peu plus souvent qu'avant, mais mon poids ne subit jamais de grosses variations. J'ai des fois des downs, des périodes où ma relation avec la nourriture est beaucoup plus difficile, mais je garde la tête haute, parce que je sais que c'est temporaire et que je vais retrouver mon équilibre. Pas l'équilibre normal, mais MON équilibre, ce qui fait que je me sens en sécurité et que je me fais plaisir avec ce que je mange.

Je suis maintenant à 115. Il y a 2 mois, je voulais descendre à 110, voir même 105.

17:53 Écrit par RubbaDucky dans Calor-obsession | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/05/2006

Le début de la faim

Tout a commencé l'été de mes 12 ans (y a pas un film qui se nomme comme ça aussi... ?)

J'avais eu une gastro le Noël passé, qui m'avait fait passer 2 jours au lit et m'avait donné un extrême dégoût envers les vomissements. C'était devenu ma hantise : vomir. Je ne voulais plus revivre cette soirée horrible où je me suis vidée l'estomac plus d'une fois.

Cet été fut chaud, humide, collant... Je passais mes journées au soleil, jouant au soccer le soir et faisant de l'athlétisme le jour. J'ai toujours bien aimé faire du sport. Je souffrais souvent de malaises : étourdissements, nausées, maux de tête...

Je me suis mise à avoir peur d'être malade. Que les nausées m'emmenent à vomir et cela, je ne le voulais pas. Je me suis mise à penser que c'était du à mon alimentation, tous ces malaises, que je mangeais trop et que je devais diminuer un peu pour ne plus me sentir mal.

Le déclin a commencé...
Je me suis mise à refuser tout chocolat, pourtant aliment sacré de mon alimentation, ma drogue !
Je mangeais de moins en moins, mais les nausées ne disparaissaient pas. J'avais l'impression que ma peau collait trop, que je n'avais pas assez d'espace pour mon corps... Ma tête semblait toujours prise dans un étau, j'étais au bout du rouleau. Je ne grignotais plus le soir avant d'aller au lit pour être capable d'avoir faim le lendemain matin.

La peur de vomir me faisait plonger doucement dans un genre d'anorexie. Je fondais à vue d'oeil, mais je ne me trouvais pas grosse. J'avais juste peur d'être malade. Je ne voulais pas maigrir, mais je ne me rendais pas compte de mon état de santé. Je voulais seulement que les nausées partent, me laissent en paix.

À la rentrée scolaire, j'affichais une perte de 10 kg. Les traits tirés, le regard perdu, je trainais mon corps déjà brisé à 12 ans. J'avais mis un pied dans la grande famille des TCA. On allait me garder prisonnière. Mon poids, la nourriture, plus jamais rien ne serait pareil.

Tout le monde me regardait avec de grands yeux effarés. On chuchotait le mot Anorexie à ma mère. Je secouais la tête, je n'étais pas anorexique ! Les anorexiques, elles ont peur de grossir, elles ne veulent que la peau et les os, elles se font vomir. Je ne voulais pas être maigre, mais je n'avais pas faim tout simplement et je ne voulais pas être malade. Du haut de mes 80 lbs, je me sentais grise.

Et aussi vite que l'émétophobie s'est pointée le nez dans ma vie, aussi vite elle en est sortie.

Je me suis remise à manger, à reprendre le poids perdu, à ne plus avoir peur de vomir. Je sais pas ce qui s'est passé, j'aimerais avoir une meilleure explication, mais réellement, cette partie de ma vie n'est qu'un blanc de mémoire. Je ne sais pas quel a été le déclic... je n'ai plus jamais eu peur de vomir au point de me priver de manger, mais je garde une haine incontestable contre les maux de coeur et les nausées.

21:55 Écrit par RubbaDucky dans Calor-obsession | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Je déteste le dimanche

Je ne veux pas criser cette fin de semaine.
je veux garder le contrôle.
J'en ai marre de passer la semaine à surveiller ce que je mange, pour ensuite tout gâcher en 2 jours.


Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Ce sont les plus beaux jours de la semaine, oui oui, même le lundi... surtout le lundi !

Parce que j'ai le contrôle. Je ne criserai jamais la semaine. Pourquoi ? Parce que je me l'interdis. J'ai ma petite routine, un horaire assez régulier, je ne suis pas déstabiliser et cela évite de tomber dans le grignotage compulsif.


Pourquoi le lundi ?
Généralement, la veille, j'ai mangé jusqu'à m'en rendre malade, alors que je le veuille ou non, le lendemain, l'appétit est pas là, je veux perdre ce que j'ai pris et rétablir l'équilibre. Alors jamais de crises le lundi, plutôt une restriction proche de l'anorexie... Pas plus de 1300 cal pour la journée + 1h de cardio au gym. Et comme le lundi, je suis d'une humeur massacrante à cause de la veille, je me fais un honneur de respecter ce code de conduite. POurtant, je sais bien que les kilos que je prends à cause des crises ne paraissent même pas. Mais c'est pas autant le poids qui me gêne que le fait de ne pouvoir résister à la crise.

J'ai pourtant réussi à arrêter les crises pendant une looooongue période. Il y a 1 an et demi, j'étais en pleine période hyperphagique. J'étais obèse. Je crisais tous les jours. Puis du jour au lendemain, j'ai mis fin à ce rythme infernal et je me suis reprise en main. Je ne crisais plus du tout, ou du moins, une fois par mois. Évidemment, il y avait la motivation de perdre du poids qui était là pour m'aider à tenir le coup, mais maintenant, j'ai plus rien :(

Fin de semaine = plaisir
Et plaisir = bouffe à volonté (en tout cas, pour moi quelques fois...)
Je ne veux pas m'empêcher de me faire plaisir, au contraire. Mais je veux un équilibre. Un juste milieu.
Ai-je le droit d'avoir ça, moi ?

Et en plus, ma belle-mère nous a invité à bruncher chez elle pour la Fête des Mères. Pas que je déteste ma belle-mère, mais j'appréhende toujours d'aller manger chez elle.
Encore des miettes de TCA qui trainent après 1 an de "guérison"...

Peur de criser chez elle. Parce que je ne veux plus me priver et lui faire de la peine en ne mangeant presque rien. Mais je suis incapable de me contrôler : soit je ne chipotte dans mon assiette, soit je me gave.
Et si je commence une journée en crisant, c'est clair que le reste de la journée est catastrophique, parce que je me dis que cette journée est perdue, gâchée, alors autant en profiter et manger sans fond.

Merci à vous, TCA, qui m'empêchent d'atteindre un centre, un équilibre que j'avais pourtant avant...


21:20 Écrit par RubbaDucky dans Calor-obsession | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |