12/07/2006

Mercredi 12 juillet 2006

Whaaaw ?
Ana is back... ?
 


A
près 3 ans sans Ana, elle revient me tenter.
Elle me chuchote à l'oreille de me tenir sous la barre des 1200 calories par jour.
Me murmure que j'ai du poids à perdre encore. 
Me lance que je serais mieux avec 10 livres de moins.
Me crie que mon cul est énorme.
Mon ventre rebondi.
M'insulte. 
Me prend la main et me pointe la perfection, une fois de plus.
Je l'emmerde !
J'avais réussi à l'oublier.
Je croyais que c'était du passé...

Pourquoi...
Le pire, c'est que j'ai envie.
Envie de ne pas manger beaucoup pour le reste de la semaine, de me jeter sur le stepper et y passer des heures entières.
De descendre plus bas que d'habitude.
De me maintenir non plus à 115, mais à 110.
D'être plus mince, plus fine.

Et qu'est-ce que cela m'apportera de plus ?
Rien.
Absolument rien.
À part de la marge.
Et voilà.
Ce terme revient dans mn vocabulaire.
Marge.
Peur.
Protection.

Ana veut m'apporter une protection.
Une fausse protection.
Mais si alléchante...
Une légèreté.
Je suis lourde.

Je planifie déjà mes prochains jours côté gym.
Je suis Ana.
Je suis Ana ?


Je ne comprends plus rien.

Je ne sais pas.
Je doute.
Je me regarde.
Est-ce vraiment moi ?

Je vais tenter de ne pas l'écouter.
Je vais me faire du mal.
Je ne veux pas me faire mal

Je ne veux plus entendre cette voix.
Je suis bien comme je suis.
SVP, dites-moi que c'est vrai...

21:26 Écrit par RubbaDucky dans Calor-obsession | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

05/07/2006

À Miademoiselle...

Miademoiselle...
Je t'écris sur mon blog, en espérant que tu passes sur cet article...


 

 

 

 

 


 

Je viens d'aller sur ton blog... et je suis triste. :(
Je ne peux même pas te laisser de commentaires, car tu as enlevé la fonction. Je ne te connais même pas, et ça me fait mal de te lire. De savoir que des commentaires d'un connard qui ne comprend rien et qui s'en fout de blesser les autres te fassent si mal.

Tu n'as pas à te sentir mal ou de trop. On ne te lit pas et on ne laisse pas des commentaires par pitié ou juste parce que tu fais partie du cercle des TCAiens. On t'écrit, on te lit, parce que, comme nous, tu souffres et on veut aider. On veut te faire sentir que tu n'es pas inutile. Que toi aussi tu vaux quelque chose. Que des commentaires insignifiants comme il y en a eu sur ton blog, ça veut rien dire.

Ne baisse jamais les bras, ton combat n'est pas fini et tu mérites plus que de disparaître comme ça, de t'enlever le droit d'écrire ce que tu ressens et ce que tu es. N'aie jamais honte de ce que tu es.

C'est pas parce qu'on souffre de TCA que tout est désormais étiqueté à ça et que tu as le droit de recevoir des insultes. T'es une personne avant tout, pas une maladie, et tu riras bien lorsque tu te seras sortie de tout ça.

Courage Miss,
continue de poster
et laisse faire ceux qui n'ont rien à faire de leurs
journées sauf laisser des coms ridicules et enfantins sur des blogs.

Gros bisous à toi et bon courage !!



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Réédition quelques minutes après...
Ah tu vois Miss... maintenant c'est toi qui me fait monter les larmes aux yeux :)
Ça doit tellement être difficile de vivre dans un environnement où a l'impression que tout le monde se fout de nous... Mais cela ne veut pas dire que tout le monde se fout de toi, ni que tu ne vaux rien. Tes TCA, ce n'est qu'un appel à l'aide, un cri de détresse...
As-tu déjà affirmé tout haut ce que tu ressens réellement, aux gens concernés ?
Il est vrai que dans certains cas, c'est impossible de criser sa rage intérieure à la personne physiquement, mais quand tu le peux... tu as le droit de te fâcher et de pleurer. C'est pas une faiblesse, ni un manque de respect envers l'autre.

Tu ne peux pas changer ton univers autour de toi, mais TOI, tu peux changer. C'est ce que ma psy me disait toujours. Pourquoi endurer une situation qui nous fait mal lorsqu'on peut tout simplement changer notre perception ou comment nous agissons pour mieux nous sentir ? Et le poids n'a rien à faire avec le bonheur, on le sait toutes. Alors cessons de psychoter sur la bouffe ou le poids, notre mal de vivre sera toujours présent, que l'on soit maigre ou grosse. Ce qui peut faire une différence, c'est nous à l'intérieur, la vraie nous que l'on empêche de s'exprimer et de sortir...

J'espère que ça ira mieux pour toi et que tu retrouveras bientôt le sourire en passant sur nos blogs. Je pense fort à toi, toi, parfaite inconnue et sache que tes commentaires à toi aussi sont touchants et valent la peine d'être lus.
Bisous xx

01:20 Écrit par RubbaDucky dans Calor-obsession | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

29/06/2006

Jeudi 29 juin 2006

I'm smiling :)
Bah ouais, on peut pas toujours pleurer.

Je tente de prendre du recul face à mes angoisses. 
Et surtout : contre quoi je me bats au juste ?

J'ai l'impression de me garder les deux pieds fermes dans les TCA parce que c'est MA maladie. Ça me donne une raison de soupirer, de pleurer, d'expliquer tout ce qui va mal dans ma vie.
Je ne suis plus malade dans le fond. Si je crise, c'est parce que je le veux bien, je la planifie, je vais même acheter ce qui me tente et je mets de côté ma faim complètement pour me gaver encore et encore... jusqu'à ce que je m'écoeure, me trouve dégueulasse et grosse.

Mais en dehors de cette crise quotidienne, aucun de ces sentiments, ni même un dégoût véritable pour mon corps ne se fait sentir.
Je me regarde, je me trouve jolie, je me trouve bien dans mes vêtements.
Je ne suis pas mal à l'aise de sortir.
Je pense plus ou moins à mon foutu poids, que celui-ci me plaise ou non.
En fait, mon poids présent me plait vraiment, même si la tentation de descendre plus bas est là...
Oui, c'est important que je me pèse le matin (116 ce matin), mais que puis-je faire s'il ne me plait pas ? Attendre, patienter et perdre tranquillement. Même en jeûnant toute la journée, je ne perdrais pas plus et je risquerais de criser même. Et quand on y pense, c'est si peu et si facilement reperdu lorsque c'est fait correctement...
Je ne veux pas maigrir, ni grossir, je veux juste maintenir. Mais un écart de 2-3 lbs, cela s'appelle également un maintien... Je dois me rentrer cela dans la tête. Mon poids ne sera jamais un chiffre stable, fixe, sans variation. Comme mon chum me disait, je dois me donner une marge à respecter.

Je suis encore déprimée, souvent, mais est-ce parce que je suis angoissée à propos de la nourriture ou par mon poids ?
Non. Vraiment pas.

Je pleure parce que je me sens perdue, que je ne sais pas quoi faire avec ma vie, que j'ai le sentiment que tout me file entre les mains. Une des racines de mes TCA, mais qui peut être aussi bien dissociée maintenant. Je suis une personne avant tout et je peux éprouver de la tristesse, de la colère, etc. sans me jeter sur la bouffe pour étouffer ces émotions négatives.

Je compte mes calories.
Mais est-ce que je m'en veux d'avoir mangé 200 calories de plus que ce que je m'étais permise ? Non. Je m'en fous, tant pis, je me reprendrai demain.
Je ne m'inquiète jamais en bas de 2000 calories.
Si je franchis cette limite psychologique, je commence à stresser et avoir peur d'un résultat désastreux sur la balance. Mais je ne m'en voudrai pas toute la journée, que puis-je faire ? C'est fait, c'est avalé, ça a été apprécié. Alors voilà, y a plus rien à faire sauf attendre au lendemain.

Je psychote quand je vais manger chez belle-maman. Oui... mais est-ce que je refuse de manger totalement ? Jamais. Avant, je l'aurais fait, ou j'aurais piqué une crise de nerfs à chaque fois que les mots "souper chez ma belle-mère" à chaque fois qu'ils auraient été prononcés.

Je m'entraine tous les jours. Sauf le dimanche :)
C'est peut-être un peu fou, mais c'est une habitude de vie que j'ai prise et que j'aime. Y a pas juste le nb de calories que je brûle qui m'intéresse. Je jase avec les gens, j'écoute de la musique, je m'évade de ce monde le temps de 40 minutes. Parce que ça fait du bien de décrocher et de se dépenser, j'ai toujours aimé l'activité physique.
Et si je saute une journée ? Bah je me sens un peu mal, paresseuse surtout, mais si je suis vraiment crevée, j'en profite en me reposant à la maison et en me disant que mon corps va tout simplement apprécié ce moment de repos que je lui donne.

Je ne suis pas une brebis, que ma soeur m'a dit.
J'aime bien l'image.
Un pauvre animal sans défense, enfermé dans un patûrage rempli de nourriture. Hum... c'est moi ça.
Sauf que je suis également le fermier qui l'a enfermé là avec la nourriture. Je me retiens prisonnière moi-même.
Je suis ma propre censure, mon propre bourreau.

Pourquoi ?
J'ai pas vraiment encore trouvé le pourquoi :S
Bon, y a le manque de confiance, le désir d'être parfaite, de tout réussir, donc de me punir à la moindre erreur...
Je suis une dualité.
L'élève et le maître.
Le bien et le mal.
La raison et la passion.

J'ai besoin de faire le point sur ce que je suis maintenant, pour me rendre compte où j'en suis rendue.
Et je suis rendue à la dernière marche.
L'étage est presque franchie, mais j'hésite encore de passer au second niveau. Parce que j'ai peur évidemment.
Parce que je suis bien en quelque sorte dans ce comportement qui me colle à la peau depuis 7 ans. C'est une partie de moi qui va disparaître si je décide de mettre une croix sur ces 7 dernières années. Et je ne veux pas effacer, je ne suis pas prête à oublier, à tout laisser. J'ai un certain confort dans cette maladie, un attachement, une sécurité.

Je veux me souvenir, je veux continuer de souffrir encore un peu ?
Peut-être pas, ça ressemble un peu à ça, mais c'est pas aussi simple. 
Différente des autres toujours.
Mon petit bobo à moi.
Ma faiblesse.
Ce qui fait de moi quelqu'un d'humain.
Je me sens plus "normale" en souffrant de quelque chose...

Alors si je regarde tout ce que je suis maintenant, comparé à avant...
Je me bats contre rien.
Contre de vieux souvenirs, de vieilles habitudes, mais qui, si je le voulais vraiment, disparaitraient.
Je suis satisfaite de ma vie, je m'apprécie et prend beaucoup plus le temps de m'écouter. Je cherche encore quelque de plus gros, mais est-ce que cette chose me rendrait vraiment plus heureuse ?

Pourquoi est-ce que je me plains toujours ?
J'ai un chum fantastique pour moi, une soeur qui est ma meilleure amie et à qui je peux tout confier, des parents toujours prêts à aider, un job que j'aime (même si je déteste mon patron), un bon salaire, un appart, une voiture, de l'argent mis de côté, des talents utiles, une apparence physique agréable à regarder, des amis avec qui j'aime bien déconner, des loisirs valorisants...

Ai-je vraiment besoin de me plaindre de quelque chose ?
Qu'a-t-on besoin dans la vie pour être heureux ?
De l'amitié, de l'amour, du support, de la valorisation...

J'ai le kit complet en main et je trouve le moyen de dire que ma vie est horrible quelques fois.
Gomen nasai pour tout ceux qui m'écoutent me plaindre...

Je serai toujours une TCAienne, par mon caractère, mes comportements, mes réactions... C'est en moi, mais je réussis maintenant à gérer tout ça pour pouvoir avoir une vie "normale", voir des gens, sortir, aller au resto...

Jamais plus je ne serai une victime.
Ma victime.

21:26 Écrit par RubbaDucky dans Calor-obsession | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |