28/12/2007

Dernier post du mois de décembre

Alors voilà...
Un Joyeux Nowel (en retard) et une bonne Nouvelle Année (en avance) à ceux qui lisent :)

J'adore me plaindre. Bla bla bla, ma vie est un enfer. Il me semble que j'ai passé des années à revenir là-dessus. minimum tous les 3 jours. Un jour je vais bien, l'autre non, j'ai envie de me jeter en haut du 9ième étage.

Je réalise que, même si tout allait parfaitement bien dans ma vie, je trouverais le moyen de me plaindre encore. On appelle ça du perfectionnisme ? Hum... je pense seulement que je suis une jeune fille capricieuse.

J'imagine que c'est de famille... Par exemple, ma soeur. J'habite avec elle maintenant. Qu'est-ce qui se passe ? Elle, elle est malheureuse en appartement, elle a un sale caractère et se plaint de tout. Le bus est trop plein, Montréal, y a trop de bruit, j'aime pas les avions qui passent, y a jamais rien de bon à manger... Et moi ? Moi, je me sens crissement mal de la voir comme ça. Alors je me mets à être triste moi aussi, à vouloir faire des miracles pour lui rendre la vie facile. Je serais prête à tout sacrifier juste pour voir un petit sourire dans sa face et la rendre heureuse.

Malheureusement, en grandissant - non, en vieillissant, je grandis plus moi :) - je me rends compte, impuissante, que je ne peux rien faire. Peu importe ce que je fais, ce que je dis, il y aura toujours quelqu'un de malheureux. Et ça me fend le coeur. Je ne supporte pas de voir les autres autour de moi tristes, car automatiquement, je porte le blâme sur moi : j'aurais donc du aller la reconduire cette journée-là, j'aurais du planifier une soirée avec elle...

Putain que je suis mal faite.

J'ai toujours dit que je suis idéaliste. Pour moi, la plus belle chose au monde, ce serait que les gens arrêtent de se regarder le nombril et pensent un peu aux autres, regardent, remarquent... Que lorsqu'on rend service à quelqu'un, on n'essuiera pas un regard hautain comme si ce leur était dû. Que les autres se considèrent égaux aux autres. Mais bon, je peux continuer de rêver, car des gens comme ça, il n'y en a pas beaucoup. 

C'est un peu dans cette ligne de pensée que j'écrivais le dernier post. Pas que je me considère supérieure, oh loin de là, mais à quelque part.... oui. Je suis humaine. Je ne suis pas seule, je ne regarde pas mon nombril, sauf pour voir s'il a grossi. Je ne veux pas être comme les autres qui ont plutôt l'air de se battre pour tout : plus belles dents, plus beau corps, plus belle voiture, plus de bijoux, etc... Pfff. Et ce que je trouve franchement honteux... c'est que moi aussi je participe à ce petit jeu, nature humaine oblige j'imagine. Moi aussi je suis consciente de mon corps, moi aussi j'aimerais avoir le plus beau corps, le plus beau sourire, bref, la liste est longue. Mais comme je sais que c'est impossible, et que, selon mes priorités, ce n'est pas une chose essentielle, je ne me bats contre personne. Sauf contre moi. Moi, mon pire ennemie.

L'anorexie, ou les TCA en général... Les gens en ont une fausse image. Sinon, je serais comme les autres, à me battre pour avoir le corps le plus mince et je serais sur les podiums ou dans les magazines. Or, je me bats contre mon corps pour la simple et unique raison que c'est la seule chose que je peux contrôler dans ce monde. Jusqu'à une certaine limite. Je ne peux pas forcer personnne à être gentil, à se préoccuper des autres, mais je peux parfaitement contrôler ce que j'ingère, le poids que je pèse... c'est totalement ridicule et surtout, inutile. Mais après 13 ans, ne venez pas me dire que c'est con. Je le sais depuis longtemps, et si je pouvais faire quelque chose contre ça, je le ferais. Moi, ma rébellion, je la fais contre moi, contre mon corps. C'est un signe, un cri du coeur. Personne ne comprend ça, sauf ceux qui le vivent. Je me déteste et je m'aime. Et je ne sais même pas lequel des deux vient en premier.

Du plus loin que je me rapelle, je me suis toujours sentie à part. Très intéressée par les conversations d'adultes, j'ai vite saisi qu'il y avait plus dans une vie que des Barbies ou des belles robes. La vie, c'est complexe. Et c'est court. Ça me fait peur. J'ai tellement peur de manquer de temps des fois. J'ai l'impression qu'avec les TCA, je cours, je cours. Heureusement qu'il y a Hrag, avec qui je peux m'asseoir 2 secondes et respirer. Respirer l'amour, le bien-être, le confort, la paix intérieure. C'est mon petit hâvre de paix dans ce monde qui me semble n'est être que cris et drames.

Je suis une personne profonde, mais tellement naïve. Ça, c'est l'expression de mon chum, je préfère idéaliste. Mais dans le fond, ça revient au même. C'est cette candeur, cette innocence d'enfant que j'ai vite oubliée, ou plutôt cachée en moi. Et qui ressort maintenant, tout croche, sans contrôle, qui fait que je ne me considère ni adulte, ni adolescente. Qui fait que je ne veux pas vieillir, que je veux encore rêver, m'amuser et imaginer. Putain que la vie serait plus facile si tous avaient encore leur esprit d'enfant...

J'ai traversé Nowel. Ce temps jugé si difficile pour les TCAiens. Ouais... pas d'orgies, j'ai réussi à me gâter et me sucrer le bec sans prendre 10 kilos. Chaque Nowel, ça m'étonne. Tout le monde dit qu'il mange trop durant les Fêtes, alors je me dis que moi aussi ça devrait arriver. Pas que j'aie mangé nécessairement les trucs les plus gras et sucrés qui existent, mais j'ai mangé ce dont j'avais envie. Je me maintiens... bien que dans ma tête, c'est parce que c'est la période de Nowel, alors je m'autorise à ne pas perdre de poids, juste me maintenir me rend heureuse et fière.

Évidemment, j'ai prévu un super sprint de perte de poids pour les 2 prochains jours. Je suis occupée, spectacle, rave... moyen facile de sauter des repas sans inviter 10 000 excuses. Je suis nulle, je sais, c'est pathétique de penser comme ça. Mais j'y peux rien, c'est tellement plus fort que moi. Quand je regarde des filles, j'essaie de juger à quel poids elles sont. Et moi, ce que j'aurai l'air avec 5 kilos de moins. Ah, jouissance... malgré que rien ne prédit que je vais être satisfaite une fois le but atteint. Je dois être satisfaite... je ne veux pas retomber aussi bas. Parce qu'une personne compte trop pour moi pour lui faire subir ça. Mais j'ai peur de ce qui va arriver, en même temps que je suis excitée de voir mon but atteint...

À bienôt, en 2008 probablement :) 

05:11 Écrit par RubbaDucky dans Tranche de mie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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