20/12/2006

 

End of the road

Après presque un an, à écrire ici mes hauts, mes bas, à me livrer à de parfaits inconnus, j'arrête.

Je ne ressens plus du tout le besoin d'écrire mon combat avec la nourriture, mon poids, car en réalité, il n'y en a plus, ou plus au point de l'écrire.

Cela restera toujours présent. Cela va toujours revenir me hanter. La nourriture sera toujours synonyme de peur et d'angoisse pour moi. Je serai toujours atteinte de TCA, mais j'ai décidé aujourd'hui de ne plus en faire le centre de mon univers.
Mon nombril :)

Je réalise qu'il ya beaucoup d'autres choses plus importantes, que même si je réussissais à atteindre un je-ne-sais-quoi, je ne serais pas plus heureuse, pas mieux dans ma peau. Je dois accepter qui je suis, affronter les obstacles normaux de la vie, comme tout le monde, et cesser de gémir sur mon poids ou la qté de nourriture que j'ai avalée pour me rendre la vie encore plus difficile.

J'ai peur encore, je compte, je fais la gourmande un peu, mais je suis avant tout une jeune femme normale, avec des envies, de désirs. Je ne peux pas passer ma vie à me punir parce que j'ai mangé deux biscuits de plus ou parce que j'avais envie de manger une demi-baguette.

Je ne ferme pas définitivement cet espace.
Peut-être aurais-je besoin un jour de revenir et de m'exprimer.
Mais j'espère sincèrement que cela n'arrivera pas et que ce compromis dans lequel je me trouve et qui me permet plus de liberté restera présent.

17:47 Écrit par RubbaDucky dans Tranche de mie | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

15/12/2006

 

Mauvais rêve
que j'ai eu la nuit dernière


*la chanson Someone once I knew décrit tellement bien le début de mon anorexie...

 

Hier soir, j'ai fait un rêve.
Un rêve d'anorexique.
J'étais redevenue maigre, à bout de force, traînant mon corps décharné partout.
Je me souviens précisément de mon épuisement, c'était tellement réel...
Ça m'a fait peur.
Me revoir, dans ce rêve qui me semblait si réel, squelettique, le visage creux et sombre, les os des hanches pointant fièrement et toute cette lourdeur malgré tout qui m'assaillait.

Je me souviens de m'être assise dans mon rêve, exténuée, et d'avoir ressentie la lassitude, la tristesse d'il y a voilà bientôt 7 ans.
Je ne sais pas pourquoi j'ai rêvé à ça, je n'ai jamais fait de rêve flashback comme ça auparavant. Mais ça m'a mise tout à l'envers, me rappellant de mauvais souvenirs et une période noire de mon existence.

Hier soir, avant de m'endormir, j'ai été prise d'une soudaine prise de conscience, d'une angoisse existentielle.
Comment les autres me perçoivent, est-ce que je suis aussi fade, sans classe et vulgaire que je le crois ?
Est-ce que je suis bruyante, envahissante ?
Les sourires que me distribuent les autres, est-ce qu'ils sont authentiques ?
Trop de questions me submergent et j'ai tenté de ne plus y penser.
Monsieur dit que si je continue, je vais devenir comme lui...

J'ai croisé mon reflet mercredi soir.
Une jeune fille un peu brute, minuscule en grandeur, tout mignonne avec sa queue de cheval mal faite et ses boulces d'oreilles dépareillées. Des petites fesses rebondies, une peau encore bronzée du soleil d'été, les cuisses tendant un peu son pantalon. Un ventre presque plat, des petits seins. Le visage un peu volontaire, le nez un peu long et pointu, mais présentable tout de même.
C'est moi ça.
Je dois apprendre à me regarder. À m'apprivoiser. Me regarder comme une personne de l'extérieur. Être objective face à moi-même.
Je ne suis pas transparente, je suis quelqu'un, je mérite autant que les autres.

Je grandis encore, tranquillement.
Un jour, je vais être un adulte.
Un jour, je serai complètement moi.
Et en paix.

She wasn't born an anorexic, but now everyday she suffers...

15:19 Écrit par RubbaDucky dans Tranche de mie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |