16/11/2006

 

Si on comptait...
le nombre de gens malheureux ? 


un fléau 
Je me promène régulièrement sur différents blogs.
Plus particulièrement des blogs de TCAiens.
J'aime lire comment les autres décrivent ce mal qui nous ronge. Je me reconnais dans ce qu'ils écrivent et ça fait du bien de voir que je ne suis pas seule dans cette situation, passée ou présente.
Mais ça me rend triste.
Triste de voir combien il y a de plus en plus de gens qui souffrent d'anorexie, de boulimie, bref, de troubles alimentaires divers.

La nourriture est rendue une façon d'éviter, de fuir, de se protéger, soit en étant droguée d'elle, soit en l'évitant, pour bon nombre de personnes. Un besoin essentiel et naturel est devenu une obsession et on a complètement oublié la base. Manger par faim et avec plaisir. La minceur (voir la maigreur) est devenue le but ultime à atteindre. Dans quel but ?

...

Je crois qu'ici, beaucoup n'auront pas de réponse valable. Être mince, ça ne veut rien dire. Ça n'apporte pas plus. On se dit que c'est pour mieux se sentir dans sa peau, mais c'est faux. Plus on maigrit, plus on veut maigrir, et les 2-3 kilos de départ deviennent vite insuffisants. C'est valorisant (pour nous), de pouvoir dire que nous, on réussit à perdre du poids. On entend tellement souvent des gens dirent qu'ils voudraient perdre 2-3 kilos mais en sont incapables. Nous, on le peut. Et on en est fier. On est plus forts que tout le monde. On a de la volonté nous.

Mais au final, on n'est pas mieux dans notre peau, on n'est pas plus heureus. On se fait mal, on fait mal à tous ceux autour de nous. Je me souviens, anorexique, j'étais toujours triste, je trainais mes os partout, un rien m'épuisait, manger était une question que je retournais de tous côtés pendant des heures. J'étais maigre, mais triste. Ça ne valait tellement pas la peine de souffrir ainsi physiquement pour souffrir encore plus psychologiquement. Tout ce que je croyais qui allait se régler grâce aux kilos perdus n'est pas arrivé, ma situation a même empiré, n'ayant aucune concentration et aucune énergie.

et pourtant...
Malgré toutes ces belles paroles, je continue de penser à mon poids. Je rêve de perdre quelques kilos. Je me déteste quand je mange plus que ce que je me permets. Je me trouve dégueulasse quand je crise. La nourriture, mon poids, ce sont les seules choses sur lesquelles je me dis avoir un pouvoir. Je sais que c'est faux, qu'en réalité, j'ai perdu le contrôle, mais la petite voix est plus forte et me félicite lorsque je ne craque pas et me détruit lorsque je craque. La fierté de voir que si je le veux, je peux perdre 2 kilos en une semaine... En fait, c'est plutôt le fait de savoir que si je veux, je peux le faire. Y a pas personne qui va me dicter quoi que ce soit, je n'obéis qu'à moi (mon deuxième je). Je choisis de perdre du poids, je choisis de criser.

On dirait que c'est la seule chose que je sais faire. Non, plutôt j'ai l'impression que c'est tout ce que je sais faire. Pourtant, je sais bien que j'ai plus de potentiel que de n'être qu'une machine à calories. Je sais dessiner, danser (mais pas en talons hauts lol), je suis ouverte, polyvalente, artisitque, j'aime rire et faire rire, je suis travaillante et disciplinée. Mais je suis aussi paresseuse, désordonnées, rêveuse et je n'ai acun style. J'ai souvent l'impression d'être fade. Invisible.

Sauf hier. Hier, à mes cours, où la plupart du temps, je suis seule dans mon coin parce que je connais à peine les autres, je me suis sentie faire partie du groupe. J'ai ri, j'étais à l'aise et ça se voyait à ma manière de danser. Peut-être que dans le fond, les gens me trouvent difficile d'accès, car je ne m'ouvre pas ou rarement. Je suis quelqu'un de fermé, mais en réalité, c'est juste que je suis très gênée et facilement intimidable. Je blâme les autres de ne pas me parler, mais en fait, c'est moi qui renvoie une image de fermeture et de foutez-moi la paix.

J'aimerais des fois sortir de mon corps et me regarder agir. Pour me voir comme un inconnu me voit. Peut-être que j'aurais un regard plus objectif sur moi et moins sévère. J'ai beaucoup de difficulté à me concevoir en tant que personne, je ne réussis pas à me saisir. Qui est-ce que je suis, qu'est-ce que je dégage, qu'est-ce que je représente ?

Si je réussis un jour à me définir, je crois qu'un bon nombre de mes problèmes vont disparaitre du même coup. Je vais avoir une identité enfin et arrêter d'en chercher une et de courir après quelque chose qui n'existe pas. Courir après le temps, courir après moi.


Petit test fait ce matin parce que la motivation de travailler était encore couchée et endormie... :P

Personality Disorder Test Results
Paranoid||||||||||||||58%
Schizoid||||||||||||||54%
Schizotypal||||||||||||||54%
Antisocial||||||||||||||||62%
Borderline||||||||||||||||||78%
Histrionic||||||||||||||||70%
Narcissistic||||||||||||||54%
Avoidant||||||||||||50%
Dependent||||||||||||42%
Obsessive-Compulsive||||||||||||||||||74%
Take Free Personality Disorder Test
personality tests by similarminds.com

16:13 Écrit par RubbaDucky dans Tranche de mie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Oh oui c'est un vrai fléau, moi qui me croyait seule avec ce poids sur les épaules, je rencontre de plus en plus de filles comme moi, et même depuis peu, des garçons souvrant de TCA....

Les filles le cachent moins désormais , certaines amies autour de moi dont la ligne svelte crée en moi des jalousies m'ont confié à leur tour leurs problèmes avec l'alimentation,
et moi qui n'aurait jamais cru que des personnes si proches de moi pouvaient vivre aussi ce calvaire, j'ai été très surprise!

C'est clair qu'on a beau etre malheureuse, on se pourrit quand même la vie pour ces kilos, à garder ces mauvaises habitudes de tout controler....

Y a til une issue vraiment finale, s'en sort t'on completement?

Je ne pense pas, et à mon avis , on a toujours des restes et notre calculatrice dans la tête...

Si on pouvait tout effacer de notre méméoire et oublier ce que contiennet les aliments... ce serait merveilleux



Écrit par : Marlène | 17/11/2006

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