14/11/2006

 

Smile
Ou quand parler fait du bien 


conférence 
Vestiaire du gym.
Une amie du secondaire s'entraine au même gym que moi.
Intervenante en déliquance.
Sympa, quoi que je lui ai jamais trop parlé.
On a fait une pièce de théâtre ensemble à l'âge de 14 ans, sans plus.
Il y avait un silence dans le vestiaire, toutes les deux fatiguées de notre entrainement et surtout, de la trop grande popularité de "notre" machine.

Puis, elle me lance : Toi, tu stagnes ou tu perds du poids avec ton entrainement ?
Je suis restée l'air bête un peu, je savais pas quoi lui répondre.
Que je suis une folle qui perd la semaine pour tout reprendre la fin de semaine en crisant ? Ça me met toujours un peu mal à l'aise ce genre de discussion.
Je préfère jouer la carte de l'honnêteté.
Bien, je stagne. La semaine je perds. Puis je reprends la fin de semaine parce que je mange plus.

Elle pousse un soupir de découragement. Elle est découragée parce qu'elle est à un plateau et que son poids ne descend plus. Tiens donc...
Je lui dis que c'est normal, les plateaux, suffit de continuer l'entrainement, changer un peu l'alimentation et faire de la muscu...
Elle me demande si c'est ce que j'ai fait, si je mange beaucoup, si j'évite les 4 P et toutes ces conneries...
Je suis vraiment mal à l'aise. Je prends une grande respiration et lâche la grosse crotte que j'ai sur le coeur. Que j'ai des TCA, que je suis folle, que je compte mes calories, que je maigris la semaine, que je crise la fin de semaine, que je me lève la nuit pour manger, que j'ai doublé mon poids en 1 an, etc...

Elle ouvre grand les yeux. Elle m'avoue avoir déjà essayé de se faire vomir pour perdre du poids. Elle me demande si ça vient en étant anorexique.

Et on se lance dans une loooooooooongue discussion sur moi, mes TCA, comment je me vois, comment je perçois la nourriture. ce qui se passe dans ma tête, mes conflis intérieurs...

Elle m'écoute, captivée.
Et me lance : Tu veux dire que là, tu te vois énorme ?
Je soupire que oui, surtout aujourd'hui, hier j'ai crisé. Je me sens dégueulasse.
Elle n'en revient pas. Tu es toute petite !! Comment tu peux pas te voir comme tu es ?? Tu pèses combien?
Je lui réponds, toute gênée, parce que je sais qu'elle a probablement raison et ça me fait chier de chialer sur mon poids alors qu'il vraiment correct.
Et en même temps... qu'est-ce que ça fait du bien de l'entendre de la bouche de quelqu'un que tu connais à peine. Note à moi-même... j'ai oublié de la remercier pour cela... Du petit baume au coeur que ça m'a fait de parler avec elle, de me vider le coeur et de dire les vraies choses.

Finalement, après 45 minutes de bla bla, de confessions, elle me demande si je suis intéressée à venir donner une conférence à son école. Démystifier, parler de ce que je vis, aider les jeunes à se confier.
J'ai accepté avec plaisir. J'aime ça en parler. Aimer, façon de parler. Je le crie pas sur les toits, mais j'aime partager mon expérience, parler de ce que je ressens vraiment. J'aime savoir qu'après mon bla bla, les gens comprendront peut-être un peu mieux et jugeront moins.

Avant de se quitter, elle me lance : Mais est-ce que tu es heureuse au moins maintenant ? Même si tu es boulimique ?
Je lui souris. Je peux au moins dire que oui, je suis heureuse malgré tout. Que j'ai une belle vie quand même, que je peux profiter des instants sociaux, que je prends tout de même plaisir à manger et même si mon poids m'obsède, je continue de vivre pareil et qu'il y a quand même des jours où tout va vraiment bien et que je m'accepte. C'est pour ces moments de paix que je continue d'avancer. Pour Monsieur toujours là pour me supporter et dédramatiser.

Smile.

19:36 Écrit par RubbaDucky dans Tranche de mie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

C'est un beau message d'espoir que je te vois lancer à la conférence... je veux dire, tu vas démystifier bien des trucs autour de la nourriture et tu vas sûrement réconforter ceux uqi souffrent de TCA, même ceux qui en souffrent sans même en être totalement conscients...
Je te lis chaque jour, et hier j'étais très malheuresue de te savoir aussi triste. Mais tu semblais à ce point désemparée que je n'ai pas trouvé les mots corrects pour te remonter le moral,peut-être prce que j'étais aussi malheureuse que toi. Je suis déolée de ne pas avoir trouvé les mots justes.
Mais je suis aussi très heureuse de savoir que tu tiens le bonheure entre tes doigts aujourd'Hui.
Merci pour l'espoir.

Écrit par : Miss courriel :) | 14/11/2006

oui, en effet,je suis entièrement d'accord, PARLER fait du bien, moi c'est grace au fait de l'assumer et de ne plus le cacher, j'assume, je suis boulimique , j'ai des TCA , que j'arrive à m'ouvrir aux autre et vivre comme tout le monde, sans rester dans ma bulle à pleurer sur mon sort, je sors, je ris, je pleure, bref je vis!

même si parfois la maladie nous rattrape et nous rappelle qu'on n'a pas un comportement normal avec la nourriture, je l'accepte et travaille dessus pour avancer et progresser!

mais parler, ne plus se cacher permet de se libérer d'un gros poids et d'éviter d'inventer des milliards de prétexte pour justifier, nos humeurs, nos joues gonflées, nos absences etc....

Écrit par : marlène | 14/11/2006

You're bringing sexy back ^-^!! Jsuis contente que tu t'ouvres, ça ne peut que t'aider. Parler, ça fait grandir:D
JE T'AIME GROS COMME ÇA (imagine moi les deux bras grands ouverts=^-^=!!)

Écrit par : Miow | 15/11/2006

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