26/10/2006

 

Pourrie gâtée
Ou quand je réalise quelque chose... 


Tout de noir vêtue.
Toute petite. Tout fragile.
Queue de cheval, cheveux un peu dérangés par les mouvements.
Frêle silhouette dans le vaste local humide.
Les oreilles remplies de musique, la tête occupée à réfléchir et à comprendre les pas.
Peur. Peur de ce que les autres peuvent penser d'elle lorsqu'elle se met à danser.
Elle se trouve tellement moins bonne que les autres.
Les pieds chaussés de talons hauts (pour les circonstances de la chorégraphie), elle décide de danser pour vrai.
Ne penser à rien. Écouter la musique. Se laisser aller. Avoir envie de jouer un personnage.
Elle se lance.
La prof gueule un "Good, **** !" par-dessus la musique dans sa direction.
Elle n'entend pas le nom. Elle espère que c'est pour elle. Elle sourit, tourne la tête, les yeux illuminés vivement par une lueur d'espoir.
Puis rate un compte... toute déconcentrée par la remarque.
Peut-être que ce n'était pas adressée à elle.
Peut-être que c'était pour la fille à côté d'elle.
Peut-être a-t-elle mal compris ?

des fois...
je me plains pour rien je pense.
Habituée à avoir relativement tout facile et aisément, je me trouve des problèmes, des bobos où il n'y en a pas pour me sentir plus... plus normale ?
Parce que dans le fond, je réfléchissais et je me disais que je me trouve pas vraiment laide, je suis fière de mes capacités et habiletés... et que si je me prends la tête avec mon poids et des conneries du genre, c'est bien parce que sans ça, on dirait que tout irait trop bien.
Faudrait surtout pas que je me permette d'être heureuse et bien dans ma peau hein...
Alors je me punis, je me fais mal.
Je me censure.
Pour pas être trop heureuse.
Parce que quand ça va trop bien... pour moi, c'est pas bon signe.

21:03 Écrit par RubbaDucky dans Tranche de mie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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