01/08/2006

Mardi 1 août 2006

Money matters
Ou ma crainte de manquer de tout.

 

Je déteste mon attitude vis-à-vis l'argent.
Très jeune, j'étais très consciente de sa valeur et j'ai traîné ce trait de caractère avec moi. Je comprends pas cette attitude, car je n'ai jamais manqué de rien. Mais l'argent est important pour moi.

À 6 ans, je me rapelle que j'avais demandé à ma mère ce qu'elle faisait avec tous ces papiers. Elle était en train de payer les comptes et je me rapelle qu'elle m'avait confié, sans penser que je le prendrais à coeur, qu'elle payait les factures et que la fin du mois allait être un peu difficile. J'ai été très angoissée d'entendre cela et ma petite tête d'enfant s'est mise à bouilloner pour trouver un moyen d'aides mes parents. Je venais de prendre conscience de la vie adulte, de ses inquiétudes, de ses peurs et je les comprenais, je les assimilais.

À 8 ans, je recevais un peu d'argent de poche. Toute contente, je me dirige à la pharmacie près de chez moi. J'avais vu un toutou, une petite souris tenant un fromage qui me tentait et j'avais justement assez d'argent pour l'acheter. Une fois de retour à la maison, la peluche dans les bras, j'ai compris que l'argent était futile. Je venais de dépenser tout ce que j'avais pour un simple toutou et maintenant, je n'avais plus d'argent pour autre chose. J'étais certes heureuse d'avoir ma souris grise, mais elle me servait à quoi ? Rien. Et j'ai commencé à regretter mon geste, de me sentir coupable d'avoir dépensé pour quelque chose qui ne serait à rien sauf à me distraire.

Ma culpabilité face au plaisir remonte donc à très loin. Puis, avec l'anorexie, la peur de manquer de tout m'a prise et ne m'a jamais lâchée. Je faisais des réserves de ce que j'aimais manger, au cas où j'en manquerais. Mais je ne les mangeais jamais, je les entassais, les emmagasinais. Je suis encore comme ça. Je suis dans mon trop fromage cottage, alors j'en ai 5 pots dans le frigidaire. Pour le yogourt, j'en ai 4 pots. Bon d'accord, au rythme où je consomme ces aliments, c'est un peu normal d'en avoir en qté industrielle. Mais ce comportement fait quand même sourciller mon chum.

Pourquoi faire des réserves alors que je peux aller au magasin à 5 minutes de la maison ? Par sécurité, encore une fois. Je me bien quand j'ai MES aliments à la maison et je dois en avoir d'avance. Incapable de voir le garde-manger vide de MES aliments.

Avec l'argent, c'est un peu semblable. Je me permets rarement de dépenser pour le simple plaisir de dépenser et d'assouvir ma pulsion. Comme si je le méritais pas. Je ne me permets pas d'avoir plaisir, que ce soit dans la vie de tous les jours ou avec la nourriture. Je me donne un régime strict, un horaire de vie strict, tout est calculé, pensé, organisé. Propre. Sécuritaire. Pur.

J'
aime la structure, l'ordre. Et pourtant, je souhaiterais que ma vie soit désordonnée. Quand je goûte au désordre, au chaos, je me sens bien, je me sens vivre, je me sens fière de pouvoir m'y adapter. Je suis capable de vivre dans la désorganisation, mais je ne me fais pas confiance, j'ai peur de perdre mes repères et de m'enfoncer dans je-ne-sais-quoi.
Peur.
Toujours ce mot.
Comme m'a dit Marlène, on a peur de tout.


Peur de tout, peur de nous... ?


Merci Marc pour le truc du mal de tête :)
En fait, c'était un nerf coincé dans le cou qui me faisait souffrir. Fallait j'attende qu'il se décoince, ce qu'il a décidé hier vers 15h.
Et dsl, j'avais pas lu que tu habitais Montréal, moi j'habite sur la Rive-Sud. :)

16:43 Écrit par RubbaDucky dans Tranche de mie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

et oui, je me reconnais là encore... Comme c'est vrai, la PEUR de tout : de manquer, de rater, d'oublier....

Moi aussi, je stocke par peur de manquer, j'achète à l'avance, je compte tout, j'ai aussi ces pulsions, dès que j'ai de l'argent je le dépense, c'est un gouffre!

Ordonée, ranger tout, nettoyer, prévoir, faire des listes, des penses bêtes partout, mon ordinateur est remplis de post-it, je note tout, j'organise tout, je gère, et j'aime ca

le problème est que je gère trop et celà pèse sur mon entourage qui se sent oppréssé de vivre à mes cotés, les gens n'osent pas me perturber car ils savent que si je perd mes reperds, je m'enerve et angoisse

d'ou vient ce phénomène, cette maniaquerie, ces rituels?

des TCA......


je sais et remercie tout ce qui me supportent depuis le début et qui m'aiment, qui me connaissent et ont appris à vivre avec moi.....

je vous aime, valérie
merci pr ton blog, ton soutien, tes paroles et pour toute l'amitié que tu m'apportes

gros bisous

Écrit par : marlène | 01/08/2006

** bravo petite puce pour toutes ces réflexions faites dernièrement. tu ne te limites pas aux tca ms tu vas voir plus loin, bcp plus loin que le bout de to nnez et c'est comme cela qu'on s'en sort.

alors bravo, continue!

gros bisous

Écrit par : save | 02/08/2006

Moi mon problème Moi, c'est simple, mon problème c'est qu'à chaque fois que je dépense de l'argent je me sens coupable. Par exemple, hier, j'ai acheté un lecteur portatif dvd pour me désennuyer (DONC PAS UTILE POUR SURVIVRE)
Bien à chaque fois que je dépense pour le plaisir, je me suis coupable c'est niaiseux. Cela vient moi aussi de ma mère et le fait qu'elle disait toujours qu'on manquait d'argent, qu'on pouvait pas payer les comptes (mais dans le fond ils étaient tous payés)

Ma pauvre chouette, ça doit pas être évident ta veine dans le coup. J'imagine que tu as été voir un docteur déjà pour ça. Etk fait toi en pas, comme dit la chanson, Un jour à la fois! :)

Écrit par : Marc | 02/08/2006

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