25/07/2006

Mardi 25 juillet 2006

Summer spleen
Ou pourquoi ma mère m'énerve.

Lasse des commentaires mal placés de ma mère.
Ma soeur s'entraine avec moi depuis près de 2 mois. Habituellement, je vais la chercher chez elle, mais hier, c'est ma mère qui est allée la porter au gym, car je devais aller porter mon chum au travail. J'étais arrivée depuis seulement 5 minutes et j'attendais ma soeur dans le vestiaire, car je croyais qu'elle était déjà arrivée.
Commentaire de ma mère en voyant mon auto dans le stationnement :
"Oh, ta soeur est déjà arrivée. J'imagine que ça doit faire déjà 30 minutes qu'elle est là sur sa machine..."
Grrr. Connasse.
Désolée, je parle de ma mère, mais ces temps-ci, plus capable de l'endurer.

J'ai rien que ça à faire moi, aller au gym avant l'heure prévue avec ma soeur. Déjà qu'une séance de 40 minutes c'est long et pénible, je vais tout de même pas arriver d'avance et me brûler avant même que la "vraie" séance commence. Toujours ces idées préconçues, ces relants d'anorexie qu'elle lance. Elle me fait chier. Et de la peine.

Commentaire sur mon assiette quasi intacte samedi soir au resto...
"Ça feel pas ? Tu te sens pas bien ?"
Mais pas dans le genre : "Je m'inquiète vraiment."
Plutôt dans le genre : "Pourquoi tu manges pas ? Tu retombes dans l'anorexie, c'est ça ?"
Putain, j'ai mangé comme un porc toute l'après-midi et c'est la première fois que je touche presque pas à mon assiette depuis des lustres, peux-t'on me crisser patience ? Et mon chum, est-ce qu'on passe des commentaires sur son assiette à moitié touchée ??

Commentaire (dans mon dos) lors de la partie de mini-putt de dimanche : 
"J'aime ça quand elle porte ses jeans serrés. Au moins, elle les remplit maintenant. Elle devrait s'habiller serré plus souvent."
Ouais, normal que je me sentais serrée. J'étais un ballon, un ventre rempli de cochonneries de la veille. Mes cuisses étaient comprimées dans mon jean et qu'est-ce que je me sentais mal dans ma peau !! J'avais l'impression que mon corps allait faire exploser le tissu, que c'était peinturé sur ma peau.

Et c'est là que je me rends compte que je déteste avoir des vêtements à ma grandeur, serrés et ajustés. J'aime me sentir libre dans mes vêtements, sinon, je me sens comme un gros boudin. En fait, c'est à l'âge de 12 ans que je me suis sentie coincée pour la première fois dans mes vêtements... et l'été suivant, je perdais pratiquement 20 livres... Niak.


U
n merveilleux article sur mes géniteurs.
J'ai toujours clamé haut et fort que j'aimais mes parents, que je n'avais jamais eu de crise d'adolescence envers eux.
Faux.
Mes TCA sont en fait une immense et interminable rébellion envers eux. Envers leur trop grande présence, leur emprise involontaire sur moi.
J'écris ces mots et je me sens mal de les détester en partie.

Honteuse de ne pas les aimer complètement.

Je leur dois respect non ? Ce sont mes parents. Mais également des êtres humains, pas des dieux intouchables. Ils ne sont pas parfaits et moi, je les ai toujours placés sur un piédestal. Ils possèdent l'ultime vérité, détiennent toujours la bonne solution. Souvent, si je décidais d'aller contre leur choix, je me sentais terriblement mal, comme si je ne faisais pas le bon choix, que j'étais dans l'erreur. Or, souvent, la conséquence s'avérait beaucoup moins fâcheuse et désagréable que mes parents le laissaient entendre et je ne regrettais pas mon choix.

Prendre une distance face à eux, voilà ce dont j'ai besoin. Et ces temps-ci, impossible. Ils s'insinuent dans mon environnement, dans mon quotidien et j'en ai marre. Ils sont juste trop présents. Ça m'étonne de pas les voir quand je vais aux toilettes... Je vis en haut de chez mes grands-parents, alors un peu difficile d'éviter la famille. Si j'ai le malheur de ne pas leur dire bonjour et de passer un peu de temps avec eux alors qu'ils sont en visite chez mes grands-parents (lire ici, assez souvent, une moyenne de 4 jours sur 7), j'essuie des commentaires du genre "Pourquoi t'es pas venue nous dire allô?" "Tu nous boudes ?"
Meeeeeeeeerde.
Je les vois pratiquement tous les jours, qu'ils soient en bas ou non, c'est pas comme si je les voyais jamais et que j'ai besoin de leur dire toujours bonjour.

J'ai diminué aussi beaucoup les câlins et les bisous ces temps-ci quand je les quitte. Juste pas envie. :( Je sais pas s'ils ont remarqué.

J'ai 22, presque 23, je veux plus être attachée à eux comme un enfant. J'ai besoin de mon espace, ma liberté, ma vie. Je ne suis pas un ange, je ne suis pas l'enfant modèle qu'ils ont élevé. Ils ne comprendront jamais, car eux-mêmes me posent sur un piédestal, mais je le mérite pas. S'ils savaient tout sur moi, ils auraient une toute autre image de moi. Et je crois que s'il y a beaucoup de choses que je fais et qu'ils ne sont pas d'accord, c'est justement parce qu'ils sont pas d'accord que je les fais. Pas envie d'être ce qu'ils attendent de moi.
Pas envie d'être la fille sage, bien élevée, ponctuelle, disciplinée, sobre et dressée au pas.

Mais plus je me détache d'eux, plus ils renforcissent leur emprise, surtout ma mère. Questions insinueuses, enthousiasme exagéré, dynamisme mal placé... Mon père est beaucoup moins pire. Il est plus calme, plus posé, plus "normal". Il sait se montrer attentionné, interessé sans exagérer et me tomber sur les nerfs. Dire qu'avant, je n'aurais jamais décrit mon père ainsi...

Je comprends maintenant beaucoup de filles TCAiennes qui disent avoir une relation houleuse avec leur mère. Je disais toujours que c'était pas le cas pour moi, que ma mère me supportait et que j'appréciais sa présence... c'est faux encore. N'allant pas jusqu'au houleux habituel et à la totale discorde, je me rends compte qu'il y a beaucoup de comportements chez ma mère que je ne suis incapable de supporter, que je ne suis pas d'accord et que je me sens emprisonnée par elle. C'est gentil le support, mais trop, c'est comme pas assez.
Un juste milieu ? Je suis pas la seule à devoir apprendre...

Je relis cet article et je me sens mal de verser toute cette haine envers elle. Elle ne veut pas mal faire, ni me blesser, mais elle me surprotège et je me sens tellement mal. Elle veut me protéger d'avoir mal et de faire des erreurs. Mais moi, j'en veux des erreurs. J'aime ça me péter la gueule, me tromper et me démerder seule. La preuve ? Fait 10 ans que je suis malade, c'est sûrement pas pour le fun. Je suis malade parce que je suis la seule à pouvoir me démerder de ça. C'est à moi cette maladie. Drôle....

Ma soeur part pour Montréal dans quelques semaines et je l'envie. Loin de tout, elle va être vraiment seule. Pas obligée de voir les parents à tous les jours. C'est moins qui va en écoper sûrement, ils vont se rabattre sur moi et me confier à quel point ils se sentent mal touts seuls, qu'ils s'ennuient de nous, bla bla bla. Pas envie d'entendre ça. Et moi je vais me sentir coupable de pas les voir assez souvent, me sentir coupable parce qu'eux s'ennuient, comme si c'était de ma faute.

Grandissez ! On devient des adultes. On est grand maintenant. On peut se débrouiller seul.

16:46 Écrit par RubbaDucky dans Watch out ! | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

** dis donc tu en avais des choses à dire !

je ne sais pas par ou commencer, tout d'abord, je comprends ta réaction face aux réflexions de ta maman, c'est tjs délicat d'avoir ce genre de remarques et c'est encore plus délicat qd ça vient des parents! il faut parfois rester calme face à ce genre de situation pour ne pas envenimer la situation...

pour le respect des parents, c'est sur qu'on a une certaine attitude à avoir, il faut les respecter, respecter leur âge et tout le tra lala ms je pense qu'il faut oser aussi leur dire certaines choses...

gros bisous

Écrit par : save | 25/07/2006

Ceux qui nous ont faits ... Chère NDM,
Je pense qu'on est pas fatalement obligé d'aimer ses parents. Malheureusement, l'amour filial n'est pas une fatalité. C'est ainsi meme si parfois c'est dur à accepter. Parfois, les chemins empruntés nous font prendre de la distance par rapport à eux et l'on se rend compte que le monde dans lequel on évolue est désormais différent, et que rien ne nous rattache plus à eux. Et je pense qu'il ne faut pas s'en sentir coupable.
Je n'aime pas mes soeurs, j'en ai 3. Je ne les hais ni les aime. C'est ainsi et j'ai cessé de lutter.
KIss
PussyCat

Écrit par : PussyCat | 25/07/2006

Meow Ce que tu dis, c'est trop vrai.
On est les idole de maman, ça un bon côté mais des mauvais aussi.
J'écrit ce commentaire là en cachette...parce que tsé moi je fais de rechute d'amour à toutes les 30 secondes fack à me check. HAHA
On s'en va s'entrainer tantot ^-^!!
Tu viendras faire des dodos avec moi dans mon bébé lit à Montréal. Comme ça, tu vas t'en sauvé pour p-e deux jours :P!!
Haha!!
en espérant qu'ils soient sage et pas trop collant.

Écrit par : Chat =^-^= | 25/07/2006

** un chtit coucou pour toi

Écrit par : save | 26/07/2006

Super ton blog, allez courge Miss je ssuis avec toi de tout coeur, si u vx viens faire un tour sur mon bloG :P

Écrit par : Amy | 07/02/2008

Les commentaires sont fermés.