24/07/2006

Dimanche 23 juillet 2006

Lendemain de veille
Ou histoire d'hyperphage.

13h
J
e reviens du gym, après ma séance de stepper et de jogging.
Je passe à l'épicerie, besoins alimentaires du Monsieur obligent.
Première erreur : J'achète un sac de 6 chocolatines et un brownie. Et 2 biscuits double chocolat. Crise, je veux manger. La bouffe occupe tout mon esprit. Vite, retourner à la maison et s'empiffrer.

De retour à la maison, je file sur mon ordi, 2 chocolatines dans les mains. Je blogue, je googole... Je m'emmerde. Retour dans la cuisine pour les 2 biscuits. J'ai même pas faim, mais je veux manger. Les 2 pauvres victimes sont dévorées en moins de 2. Ça n'a pas pris assez de temps, je veux encore plus. Je vais chercher mon brownie. Je dois laisser du temps à mon pauvre estomac de digérer. La nausée s'installe. Je laisse le temps passer.

Je me sens horrible. Je finis par tout manger, par petites séances pour ne pas vomir. J'aurais du le jeter, l'idée m'a passé par la tête plusieurs fois, mais je suis lâche. Je me sens mal physiquement. Vite une gomme et direction lever le Monsieur.

15h
J
e me colle contre lui. Sa peau est chaude, ça me fait du bien, Envie d'être désirée, aimée, de me sentir belle. De masquer mon ventre gonflé et douloureux. Les larmes me montent aux yeux, mais ma gorge serrée ne les laisse pas s'échapper. Je veux crier ma douleur. Je veux me fusionner avec lui, disparaître. Je t'aime. Mais j'ai mal. Je me colle encore plus. Il m'enlace. Je veux mourir ici et maintenant.

17h
R
epas au resto avec ma famille et Monsieur. J'ai tout sauf envie de manger. Mon estomac est encore lourd et incapable de digérer tout le chocolat que je lui ai fait ingérer. J'essaie de me forcer, mais même la soupe en entrée ne rentre pas. J'essuie quelques commentaires sur mon assiette. Je ne vais pas bien. Je veux m'en aller. Tout le monde parle trop fort, je veux être seule... Personne ne comprend.

20h
S
oirée CSI. J'ai un sac de bonbons Sour Patch Kids dans les mains. Souvenirs d'enfance. Langue brûlée, papilles gustatives détruites. Miam. La deuxième crise débute. Je me laisse des pauses entre chaque nouvel aliment, le temps de faire descendre la nourriture. Je cale du lait, je survis en mâchant de la gomme. Je veux manger, me détruire. Mon estomac brûle, mes dents font mal, mes gencives élancent. Mon corps surchauffe.

Ta gueule !
Tu fais ce que je te dis ! Mange salope !

Je ne compte plus. Crème glacée, chips, riz, frites, bonbons, chocolatine. Peu importe. Je mélange les goûts, les odeurs, les textures. Je suis une bouche. Remplissez-moi, je suis si vide. Si vide de tout. Mais même remplie à craquer, je me sens toujours vide. Penser à autre chose...

Je fais ma sexy pour Monsieur. Ça passe dans le beurre. Je me recouche sur le sofa, mon petit déshabillé blanc inutile. Au moins, comme ça, j'ai moins chaud. Aucune position n'est confortable. Je regarde les aiguilles de l'horloge tourner.

Minuit
C
oup de gong.
Stop.
Une nouvelle journée commence, les compteurs sont à zéro. J'arrête de manger, de boire. C'est fini. Mais je me sens comme une merde. Envie d'aller me coucher maintenant. Mon ventre est tout gonflé. Je dois peser maintenant 125, avec toute cette nourriture en moi. Violée par la nourriture.

Respire. C'est fini.
Tu repars à zéro.
Je tombe de fatigue à 3h. Mon corps est scrap, mon estomac aussi, ma tête fatiguée de ce combat. Dodo. Oublier. Vivement demain pour faire attention et entreprendre de faire fondre toute cette graisse qui s'installe déjà confortablement sur mes hanches et mes cuisses.

Total de la journée ? Trop.
Mais disons plus de 7000.
Wow. Je vais inscrire cela dans mon livre des records.

Je suis malade.
J'essaie d'avoir l'air normal pour les autres, mais j'ai mal. 7 ans de TCA ne disparaissent pas parce que je suis en amour, un poids normal et que je sais m'alimenter.

J'espère qu'avec le temps, je vais finir par me lasser de tout ça, que je vais redécouvrir celle que j'étais avant. Mais c'est long. Le processus de guérison (s'il existe) est aussi long que l'incrustation de cette maladie.

Je suis patiente.
Mais je commence à être lasse.
Ne me jugez pas.

_____________________
Cet article a été retapé, l'original était un peu différent.
Mais je tenais à le retaper pour exprimer ce que je vis.

00:08 Écrit par RubbaDucky dans Calor-obsession | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

je te rejoins.... mon week a été catastrophique aussi niveau bouffe, on a été au quick vendredi soir puis boite de nuit, je rentre il est 5h, je menpiffre de pain américain et nutella!

le lendemain (samedi) je vais manger des crèmes glacées, le soir arrive on fait une soiréee l(anniv de mon copain, j'arrive plus à m'habiller, je me deteste je ne veux plus y aller mais je n'ai pas le droit de tout gacher, j'y vais quand même (mal dans ma peau,dans mes vetements qui me collent)

là bàs, apéro, je bois, je mange, chips, barbecue et compagnie, crème glacée mais sur le moment, je ny pense pas....

hier dimanche je rentre crevée, on minvite au quick décidémment! pour ne pas vexer jy vais, je mange quand même n'imagine même pas me repeser EN RENTRANT....

je rentre, toute la famille est là, et hop, glaces et sodas à gogo....

Le soir arrive enfin, je me couche et là, LE DRAME, je ne trouve pas le sommeil, la bouffe m'obsede, je me relève et je termine par céréles gateaux, glaces, tout ce que je trouve, pain et compagnie, mon ventre est lourd, mon moral à zero, je m'endort enfin et là nouvelle journée aujourdhui lundi alors compteurs à zero, tout comme toi , je repare mes conneries et hop je fais regime tte la semaine je fais attention et je vide les placards, jenlève tout pr ne pas craquer! je ne fais pas les courses!

jespere y arriver et me sentir mieux ds ma peau

saloperie d'hyperphagie je te haie tu me detruis!

poids ce matin : 65kg le drame pour moi objectif moins 10 kg, je veux retrouver mon 55kg et vite!


je souffre trop là

mais je garde le moral et jy crois à fond, je vais y arriver, courage à toi valérie, je crois que notre weekend, on doit tout de suite l'éffacer de notre mémooire et redemarrer , tout oublier et bien repartir des ce début de semaine, je te soutiens, on se motive et on va s'aider je suis là pr toi


le pire à été a la soiree, ces filles bien foutu dans leur robe moulante , tous les regards sur elles, moi j'étais jalouse à fond de ces canons!!!!!


aleez jmen fou de ces filles, elles au moins sont normales et nont pas de TCA alors je devrait prendre exemple sur leur comportement alimentaire!


gros bisous val à très vite bon courage


Écrit par : marlène | 24/07/2006

** dure journée pour toi ma belle...

c'est peut être dur à entendre, mais oui, les TCA sont une maladies à prendre au sérieux car ça détruit le corps, la tête, les relations avec les autres...

tu ne vois pas un psy?

courage ma belle

Écrit par : save | 24/07/2006

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