29/06/2006

Jeudi 29 juin 2006

I'm smiling :)
Bah ouais, on peut pas toujours pleurer.

Je tente de prendre du recul face à mes angoisses. 
Et surtout : contre quoi je me bats au juste ?

J'ai l'impression de me garder les deux pieds fermes dans les TCA parce que c'est MA maladie. Ça me donne une raison de soupirer, de pleurer, d'expliquer tout ce qui va mal dans ma vie.
Je ne suis plus malade dans le fond. Si je crise, c'est parce que je le veux bien, je la planifie, je vais même acheter ce qui me tente et je mets de côté ma faim complètement pour me gaver encore et encore... jusqu'à ce que je m'écoeure, me trouve dégueulasse et grosse.

Mais en dehors de cette crise quotidienne, aucun de ces sentiments, ni même un dégoût véritable pour mon corps ne se fait sentir.
Je me regarde, je me trouve jolie, je me trouve bien dans mes vêtements.
Je ne suis pas mal à l'aise de sortir.
Je pense plus ou moins à mon foutu poids, que celui-ci me plaise ou non.
En fait, mon poids présent me plait vraiment, même si la tentation de descendre plus bas est là...
Oui, c'est important que je me pèse le matin (116 ce matin), mais que puis-je faire s'il ne me plait pas ? Attendre, patienter et perdre tranquillement. Même en jeûnant toute la journée, je ne perdrais pas plus et je risquerais de criser même. Et quand on y pense, c'est si peu et si facilement reperdu lorsque c'est fait correctement...
Je ne veux pas maigrir, ni grossir, je veux juste maintenir. Mais un écart de 2-3 lbs, cela s'appelle également un maintien... Je dois me rentrer cela dans la tête. Mon poids ne sera jamais un chiffre stable, fixe, sans variation. Comme mon chum me disait, je dois me donner une marge à respecter.

Je suis encore déprimée, souvent, mais est-ce parce que je suis angoissée à propos de la nourriture ou par mon poids ?
Non. Vraiment pas.

Je pleure parce que je me sens perdue, que je ne sais pas quoi faire avec ma vie, que j'ai le sentiment que tout me file entre les mains. Une des racines de mes TCA, mais qui peut être aussi bien dissociée maintenant. Je suis une personne avant tout et je peux éprouver de la tristesse, de la colère, etc. sans me jeter sur la bouffe pour étouffer ces émotions négatives.

Je compte mes calories.
Mais est-ce que je m'en veux d'avoir mangé 200 calories de plus que ce que je m'étais permise ? Non. Je m'en fous, tant pis, je me reprendrai demain.
Je ne m'inquiète jamais en bas de 2000 calories.
Si je franchis cette limite psychologique, je commence à stresser et avoir peur d'un résultat désastreux sur la balance. Mais je ne m'en voudrai pas toute la journée, que puis-je faire ? C'est fait, c'est avalé, ça a été apprécié. Alors voilà, y a plus rien à faire sauf attendre au lendemain.

Je psychote quand je vais manger chez belle-maman. Oui... mais est-ce que je refuse de manger totalement ? Jamais. Avant, je l'aurais fait, ou j'aurais piqué une crise de nerfs à chaque fois que les mots "souper chez ma belle-mère" à chaque fois qu'ils auraient été prononcés.

Je m'entraine tous les jours. Sauf le dimanche :)
C'est peut-être un peu fou, mais c'est une habitude de vie que j'ai prise et que j'aime. Y a pas juste le nb de calories que je brûle qui m'intéresse. Je jase avec les gens, j'écoute de la musique, je m'évade de ce monde le temps de 40 minutes. Parce que ça fait du bien de décrocher et de se dépenser, j'ai toujours aimé l'activité physique.
Et si je saute une journée ? Bah je me sens un peu mal, paresseuse surtout, mais si je suis vraiment crevée, j'en profite en me reposant à la maison et en me disant que mon corps va tout simplement apprécié ce moment de repos que je lui donne.

Je ne suis pas une brebis, que ma soeur m'a dit.
J'aime bien l'image.
Un pauvre animal sans défense, enfermé dans un patûrage rempli de nourriture. Hum... c'est moi ça.
Sauf que je suis également le fermier qui l'a enfermé là avec la nourriture. Je me retiens prisonnière moi-même.
Je suis ma propre censure, mon propre bourreau.

Pourquoi ?
J'ai pas vraiment encore trouvé le pourquoi :S
Bon, y a le manque de confiance, le désir d'être parfaite, de tout réussir, donc de me punir à la moindre erreur...
Je suis une dualité.
L'élève et le maître.
Le bien et le mal.
La raison et la passion.

J'ai besoin de faire le point sur ce que je suis maintenant, pour me rendre compte où j'en suis rendue.
Et je suis rendue à la dernière marche.
L'étage est presque franchie, mais j'hésite encore de passer au second niveau. Parce que j'ai peur évidemment.
Parce que je suis bien en quelque sorte dans ce comportement qui me colle à la peau depuis 7 ans. C'est une partie de moi qui va disparaître si je décide de mettre une croix sur ces 7 dernières années. Et je ne veux pas effacer, je ne suis pas prête à oublier, à tout laisser. J'ai un certain confort dans cette maladie, un attachement, une sécurité.

Je veux me souvenir, je veux continuer de souffrir encore un peu ?
Peut-être pas, ça ressemble un peu à ça, mais c'est pas aussi simple. 
Différente des autres toujours.
Mon petit bobo à moi.
Ma faiblesse.
Ce qui fait de moi quelqu'un d'humain.
Je me sens plus "normale" en souffrant de quelque chose...

Alors si je regarde tout ce que je suis maintenant, comparé à avant...
Je me bats contre rien.
Contre de vieux souvenirs, de vieilles habitudes, mais qui, si je le voulais vraiment, disparaitraient.
Je suis satisfaite de ma vie, je m'apprécie et prend beaucoup plus le temps de m'écouter. Je cherche encore quelque de plus gros, mais est-ce que cette chose me rendrait vraiment plus heureuse ?

Pourquoi est-ce que je me plains toujours ?
J'ai un chum fantastique pour moi, une soeur qui est ma meilleure amie et à qui je peux tout confier, des parents toujours prêts à aider, un job que j'aime (même si je déteste mon patron), un bon salaire, un appart, une voiture, de l'argent mis de côté, des talents utiles, une apparence physique agréable à regarder, des amis avec qui j'aime bien déconner, des loisirs valorisants...

Ai-je vraiment besoin de me plaindre de quelque chose ?
Qu'a-t-on besoin dans la vie pour être heureux ?
De l'amitié, de l'amour, du support, de la valorisation...

J'ai le kit complet en main et je trouve le moyen de dire que ma vie est horrible quelques fois.
Gomen nasai pour tout ceux qui m'écoutent me plaindre...

Je serai toujours une TCAienne, par mon caractère, mes comportements, mes réactions... C'est en moi, mais je réussis maintenant à gérer tout ça pour pouvoir avoir une vie "normale", voir des gens, sortir, aller au resto...

Jamais plus je ne serai une victime.
Ma victime.

21:26 Écrit par RubbaDucky dans Calor-obsession | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Je sais pas pourquoi Mais lire tout ce que t'as écris me rend pleine de joie et de sourire.
Tu dois pas t'en vouloir de te plaindre...c'est humain, je suis la plus chialeuse au monde et tu le sais et j'ai pas besoin de chialer mais c'est tellement le fun!! Vaut mieux en profiter, les gens nous aime comment ca ^-^!! Hihi
Bisou
Training Time dans 7 minutes...Motivée? un peu^^!!
Xxxx
Jo

Écrit par : Chat=^-^= | 29/06/2006

Je te comprends trop! Salut Valérie, je viens de passer un bon moment devant l'ordi à lire ton blog dans son intégralité. Pas parce que j'avais du temps à perdre...lol mais plutôt parce que je venais de lire Casse-bonbon et j'ai cliqué sur un lien au hasard. Je viens du Qc (de Trois-rivières) et je me reconnais dans tes expressions, ton style d'écriture, mais surtout dans ce que tu vis, dans ce que tu penses et expérimentes. Par exemple, l'impression que tu déçois tjrs tes parents, ou encore juste l'histoire de la boîte de tablette de chocolat que tu cachais dans ton garde-robe pendant ta période anorexique... j'ai fait exactement la même chose sauf que moi j'avais emballé chaque tablette dans du papier d'emballage. :S Mais surtout, ce qui me frappe le plus, c'est que tu te lèves la nuit pour manger. Je fais ça moi aussi, depuis 1 an et demi, et ça me fait capoter puisque c'ets à cause de ça que j'ai grossi en un temps record. J'aimerais qu'on s'en parle plus si tu le veux bien...
xxxJe vais continuer à te lire, c'est certain! Tu es une sorte de modèle parce que malgré des pensées et des tendance de TCA, tu `éussi à mener une bonne vie.

Écrit par : :) | 30/06/2006

... Tu sais a mon avis,ton mal etre est plus profond que ca.Puisqu'a prioroe tu a tt pr étre heureuse,maintenant il faut te poser les bonne question pr comprendre,pr te comprendre.Le bonheur,c'est notion compliquer a acquerir meme quand on a tt comme toi.En tout les cas je t'envie beaucoup méme si ca peut te paraitre con,mais vraiment tu a l'air d'avoir une vie super,et je te souhaite quel continue dans ce sens.^^
P.S : voila ma nouvelle adresse de blog suite a mon soucis d'etre découverte : miademoiselle.skynetblogs.be
grosse bises

Écrit par : ancien; mesombre | 30/06/2006

Une québécoise ! Salut Miss-J'ai-Pas-De-Nom-Et-Je-Viens-Du-Québec :)
J'aimerais bien que tu me laisses ton MSN pour qu'on puisse jaser et échanger sur notre "parcours". :P

Merci pour ton gentil commentaire et bon courage à toi aussi !
Bisous xx

Écrit par : RubbaDucky | 30/06/2006

*sourire* beaucoup de questions, et même les réponses qui vont avec.

tout simplement bravo, très bonne réflexion que tu viens de faire là et qui pourra faire que tu avanceras pas à pas...

continue comme cela

gros bisous

Écrit par : casse-bonbon | 30/06/2006

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