14/06/2006

Mardi 13 mai 2006 -suite

Enfin... 
La journée est terminée. 

Je reviens du gym avec ma soeur.
Ça fait du bien, j'ai décompressé.
J'ai parlé également avec ma mère cet après-midi à propos de mon connard de patron, pardon, président de la compagnie..

 

Je doit arrêter de prendre sur mes épaules ce qui se passe dans la compagnie. Si on perd un client, c'est pas de ma faute. Je ne suis pas responsable et ce n'est surtout pas à moi de gérer tout ça. Alors, à l'avenir, je ferme ma gueule et je fais ce qu'on me dit. Tant pis pour lui si on arrive pas, je lui remettrai sur le nez son manque d'organisation et de gestion. :P

Mon gros problème, enfin, UN de mes problèmes, c'est de prendre entière responsabilité de tout ce que j'entreprends. Je veux absolument que tout roule sur des roulettes, que tout le monde soit satisfait... bref, je rêve d'idéalisme. Et si je sens que quelque chose ne tourne pas comme supposé, qu'il n'y a pas de structure ou d'organisation, je stresse, j'angoisse, je me sne coupable et je veux changer la situation. Voilà pourquoi l'incompétence m'a toujours choqué et dérangé. Je déteste me retrouver dans un projet ou une situation qui échappe à mon contrôle et pour laquelle je vais devoir payer.

Je porte donc sur mes épaules un fardeau, un poids qui n'est pas le mien et je m'écrase sous cette charge. Je deviens agressive, déprimée, car je ne sais comment me sortir de cette pression... qui ne vient que de moi. Pour contrer cette charge non voulue, la seule façon que j'ai d'alléger est de maigrir, contrôler mon poids, la bouffe... Ce sont des choses que je peux avoir total contrôle, structurer, ordonner, car elles ne dépendent que de moi.

C'est un peu encore du nombrilisme, mais ce n'est pas comme ceux qui se pensent meilleurs que les autres et qui sont trop confiants. Au contraire, je doute tellement que je me reporte sur quelque chose qui n'a pas de secret pour moi et avec quoi je peux savoir le résultat avant même que celui-ci arrive.
Mon poids, ce qui entre dans mon corps, c'est la seule chose en laquelle j'ai totalement confiance.
Une sécurité enivrante au milieu du chaos.

Or, je sais que ce comportement et ce raisonnement sont faux. Ce n'est pas normal de contrôler la nourriture. S'il y a bien quelque chose qui est supposé venir de pulsions, d'envies, de besoins (toutes des choses hors contrôle), c'est bien l'appétit. Mais j'affronte ces pulsions pour pouvoir avoir le sentiment que tout ne me glisse pas entre les mains.

Plus je suis mince, plus je veux l'être encore plus. Et je crois qu'en maigrissant, la charge sur mes épaules disparaitra, mais c'est faux. C'est même pire, parce qu'en plus d'avoir à supporter la situation problématique, je me mets un autre poids, celui de pousser encore plus loin mon contrôle de la nourriture. Alors au lieu d'avoir une situation qui m'énerve, je me retrouve avec deux, puis trois et finalement je me perds dans toute cette merde. Pour ceux qui n'ont pas de TCA, c'est difficile à comprendre tout le stress qui se pointe lorsque notre poids ne nous convient pas. Nous voulons une légèreté, mais qui ne se trouve malheureusement que si on lâche prise.

Donc, au moindre imprévu, je recherche ma sécurité, un plan où je vais savoir ce qui va se passer, que je peux connaître d'avance le résultat. La vie, c'est pourtant ça, de l'imprévu. Et c'est ce qui fait que c'est si merveilleux. Mais ça fait surtout peur.


Peur.
J'ai peur de vivre ou quoi ?

Moi qui se plaint toujours qu'il ne se passe rien dans ma vie, je n'ai que moi à blâmer.
Pourquoi ai-je si peur de lâcher prise de ce faux contrôle ?
Pourquou un chiffre sur une balance me sécurise ?
Pourquoi les chiffres existent-ils pour établir des normes, des limites ?

J'ai quelques fois l'impression que jamais cette façon d'affronter les obstacles ne disparaitra. Jamais je ne serai totalement libre, vraie, en paix. J'aime trop la sensation de pouvoir que me procure le contrôle de mon poids. Je me sens si seule, si faible quelques fois... j'ai l'impression que je n'accomplirai jamais rien de merveilleux. Je vais faire comme la moyenne des gens : avoir un boulot pendant 40 ans, prendre ma retraite, moisir dans un centre d'accueil lorsque je ne serai plus apte à prendre soin de moi.  

À ma peur de la vie se joint la peur de vieillir. Le temps est compté, je n'ai aucun contrôle là-dessus. Si je suis pour mourir demain, cela arrivera et je ne pourrai rien dire ou faire. La vie est fatale. Cruelle.
Et ça fait peur.

Je suis une grande peureuse.
Alors je me cache.
C'est la solution la plus facile non ?


 




03:04 Écrit par RubbaDucky | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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