13/05/2006

Notre monde ou réflexion TCA-ienne

Notre monde est absurde.
L'homme détruit à petit feu ce qu'il crée.
On propose des modèles inatteignables aux jeunes et on se demande pourquoi les maladies psychologiques sont en hausse...

Parce que les gens sont désillusionnés.
Comme je l'ai été.
Ils se font une image de ce que sera le monde et lorsqu'ils y font face pour vrai, ils sont déçus. Et ont besoin de se sauver, se réfugier.

On veut ressembler aux chanteurs pop, on veut être comme la fille de l'annonce de jeans, on veut un corps de rêve, on veut vivre une vie palpitante comme on nous le montre dans les films ou les vidéoclips...

Mais c'est pas ça la vraie vie :(

En véhiculant des fausses illusions, on met en danger la santé mentale de certains. Des personnes plus fragiles, qui ont moins confiance en eux, qui présentent un bagage psychologique à risque. Et bonjour alcoolisme, TCA, toxicomanie...

On ne veut plus être nous, on veut être quelqu'un d'autre. Or, cela crée un gros conflit en nous. Ce que je devrais être et ce que je suis. La déception se situe souvent au niveau de ce que je suis. Pas assez ci, trop ça... L'Homme est un éternel instatisfait.

Pourquoi croyez-vous que nous sommes différents ? Parce que c'est ça qui est merveilleux :D
Chaque personne dégage une énergie différente, possède des connaissances et transporte avec elle son vécu, qui vaut plus que tout autre chose. Qui vaut surtout plus que d'être conforme aux "normes".

Mais dans notre société superficielle et de consommation, on oublie ce qui fait de nous quelqu'un d'unique. Moi ce qui me fait rire (et un peu pleurer), c'est à quel point les gens tiennent à leur indépendance... alors qu'ils ne font que copier un style ou prendre des idées déjà reçues. Pourquoi se forcer à être quelqu'un d'autre ? Parce qu'on a peur de nous ? Parce que c'est plus simple ainsi ?
En effet, plus besoin de chercher ce qui nous tient à coeur, laissons les autres me dicter comment je dois penser...

Je me suis réfugiée dans ma bulle, mon univers. Parce que je n'ai pas su accepter le monde tel qu'il m'apparaissait. Parce que j'ai été déçue, mon idéalisme en a pris un coup. Mes valeurs étaient plus ou moins présentes dans le monde que j'ai vu à l'âge de 15 ans. Et même enfant, à 5-6 ans, je n'ai jamais senti que je faisais partie du même monde que les autres enfants. Complexe de supériorité que certains diront, mais je ne crois pas. Plutôt une peur de devoir devenir comme ça, de ne pas pouvoir être moi, parce que je n'aurais pas ma place. Il n'y a pas de place pour les gens gentils, heureux et honnêtes. Ici, c'est la jungle, tout le monde se bat pour être en haut de la chaîne. Moi je voulais pas me battre... je voulais juste avoir la place qui m'appartenait. Mais j'avais trop peur et pas assez confiance en moi.

Ana a été ma solution à moi. Mon identité. Mon bouclier. Mon monde à moi, où j'avais le parfait contrôle et où je serais à ma place. Jamais de déception, d'imprévus, de combats contre les autres. Juste moi. Moi et Ana. Parce qu'avec elle, je me sentais forte, supérieurs aux autres. Moi, je pouvais décider ce que je mangeais et avoir le contrôle. Moi, je pouvais perdre 2 kilos en une semaine si je le voulais. J'étais une fille forte, indestructible, intransigeante... pareille comme les gens en dehors de ma bulle.
Une fille de fer, qui ne laisse personne gagner contre elle, qui se bat pour être au top.

Et le contrôle des calories, l'obsession du poids, les heures passées à se dépenser, les journées complètes à résister à la nourriture, c'était ma punition de ne pas savoir affronter le vrai monde. Ana m'entrainait, me détruisait, me brouillait la vue et me faisait miroiter de belles promesses.

"Maigrit encore, tu vas voir, tout tira bien après. Tu es en contrôle, tu es forte, tu n'es pas comme les autres TOI. Tu vas tenir le coup, allez encore un ou deux kilos de moins et tu seras heureuse..."

 

Je n'ai jamais été heureuse durant mon anorexie. Jamais. Sauf quand le poids descendait. Alors là, c'était le plus beau moment de la journée. Des résultats à mes efforts, une preuve de ma force.
Ridicule... aujourd'hui, je me rends bien compte que tout n'était qu'illusion aussi. Un faux contrôle, une fausse force, un faux monde, un faux corps, une fausse moi...

00:23 Écrit par RubbaDucky | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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