12/05/2006

Le début de la faim

Tout a commencé l'été de mes 12 ans (y a pas un film qui se nomme comme ça aussi... ?)

J'avais eu une gastro le Noël passé, qui m'avait fait passer 2 jours au lit et m'avait donné un extrême dégoût envers les vomissements. C'était devenu ma hantise : vomir. Je ne voulais plus revivre cette soirée horrible où je me suis vidée l'estomac plus d'une fois.

Cet été fut chaud, humide, collant... Je passais mes journées au soleil, jouant au soccer le soir et faisant de l'athlétisme le jour. J'ai toujours bien aimé faire du sport. Je souffrais souvent de malaises : étourdissements, nausées, maux de tête...

Je me suis mise à avoir peur d'être malade. Que les nausées m'emmenent à vomir et cela, je ne le voulais pas. Je me suis mise à penser que c'était du à mon alimentation, tous ces malaises, que je mangeais trop et que je devais diminuer un peu pour ne plus me sentir mal.

Le déclin a commencé...
Je me suis mise à refuser tout chocolat, pourtant aliment sacré de mon alimentation, ma drogue !
Je mangeais de moins en moins, mais les nausées ne disparaissaient pas. J'avais l'impression que ma peau collait trop, que je n'avais pas assez d'espace pour mon corps... Ma tête semblait toujours prise dans un étau, j'étais au bout du rouleau. Je ne grignotais plus le soir avant d'aller au lit pour être capable d'avoir faim le lendemain matin.

La peur de vomir me faisait plonger doucement dans un genre d'anorexie. Je fondais à vue d'oeil, mais je ne me trouvais pas grosse. J'avais juste peur d'être malade. Je ne voulais pas maigrir, mais je ne me rendais pas compte de mon état de santé. Je voulais seulement que les nausées partent, me laissent en paix.

À la rentrée scolaire, j'affichais une perte de 10 kg. Les traits tirés, le regard perdu, je trainais mon corps déjà brisé à 12 ans. J'avais mis un pied dans la grande famille des TCA. On allait me garder prisonnière. Mon poids, la nourriture, plus jamais rien ne serait pareil.

Tout le monde me regardait avec de grands yeux effarés. On chuchotait le mot Anorexie à ma mère. Je secouais la tête, je n'étais pas anorexique ! Les anorexiques, elles ont peur de grossir, elles ne veulent que la peau et les os, elles se font vomir. Je ne voulais pas être maigre, mais je n'avais pas faim tout simplement et je ne voulais pas être malade. Du haut de mes 80 lbs, je me sentais grise.

Et aussi vite que l'émétophobie s'est pointée le nez dans ma vie, aussi vite elle en est sortie.

Je me suis remise à manger, à reprendre le poids perdu, à ne plus avoir peur de vomir. Je sais pas ce qui s'est passé, j'aimerais avoir une meilleure explication, mais réellement, cette partie de ma vie n'est qu'un blanc de mémoire. Je ne sais pas quel a été le déclic... je n'ai plus jamais eu peur de vomir au point de me priver de manger, mais je garde une haine incontestable contre les maux de coeur et les nausées.

21:55 Écrit par RubbaDucky dans Calor-obsession | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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